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  <title>Simon Myway</title>
  <subtitle>Site personnel de Simon Myway</subtitle>
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  <updated>Sat, 18 Jul 2026 13:31:29 GMT</updated>
  
    <entry>
      <title>Marathon de Gand 2026 : suivre le plan</title>
      <content type="html"><h1>Marathon de Gand 2026 : suivre le plan</h1>
<p>Le Marathon de Gand était mon quatrième marathon, mais le premier avec une vraie préparation dédiée.</p>
<p>Le premier, c’était en 2021 le long du canal à Bruxelles. J’étais parti pour une sortie longue de 30 kilomètres et je me suis dit : je suis à 30 km, si j’en cours 12 de plus, j’ai atteint mon objectif. Je l’ai fait comme ça, et j’ai <a href="https://www.strava.com/activities/4787198565">terminé en 3h45</a>.</p>
<p>En 2025, j’ai couru le <a href="https://www.strava.com/activities/13823319454">marathon de Spa-Francorchamps</a>, mais j’avais totalement sous-estimé le dénivelé (maudit Raidillon). Super expérience, mais j’ai vraiment explosé sur la fin et j’ai fini en 4h. Quelques mois plus tard, pendant ma préparation pour l’<a href="https://simonmyway.com/fr/blog/ultra-trail-di-corsica-mon-premier-100-miles">Ultra Trail di Corsica</a>, j’avais une sortie longue de 42 kilomètres au programme. Je suis retourné au canal, mais comme ça faisait partie de ma prépa trail, je n’y suis pas allé à fond : je visais une allure de 5 minutes au kilomètre et j’ai <a href="https://www.strava.com/activities/14363200187">atteint cet objectif</a>.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/0923-peloton-rues.jpg" alt="En course dans les rues de Gand"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Bref, c’était la première fois que j’avais les bonnes conditions pour un marathon. Le premier et le troisième, c’était en solo le long du canal, et Spa, c’était avec un dénivelé que je n’avais pas anticipé. Le marathon n’a rien à voir avec un 20 km ou un 10 km, c’est vraiment une distance à part. J’avais hâte de voir ce que je pouvais faire avec une vraie préparation.</p>
<h2>La préparation</h2>
<p>Cette année, j’ai commencé un coaching avec la Running Academy. Avant, j’utilisais Runna, mais c’est une appli un peu comme Campus Coach, pas assez spécifique. En plus, comme j’ai aussi de gros objectifs en trail, ça ne couvrait pas mes besoins. J’adore courir, je voulais améliorer mon entraînement, et on m’a recommandé <a href="https://www.running-academy.fr/coachs/matthis-granet/">Matthis</a> de la Running Academy. On a commencé à travailler ensemble en 2025 et c’est lui qui a construit ma préparation.</p>
<p>En moyenne, je courais cinq ou six fois par semaine, avec les plus grosses semaines à 100 km. La préparation spécifique a vraiment commencé en janvier, après la Corrida Brussels (une course de 10 km) en décembre. À partir de là, on est passés sur un bloc marathon de trois mois.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/weekly-volume.jpg" alt="Volume d'entraînement hebdomadaire pendant la préparation marathon"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Comme tu peux le voir sur le graphique, j’ai continué le CrossFit pendant toute la préparation. Honnêtement, le CrossFit n’aide probablement pas beaucoup pour la performance sur marathon, et je pense que si j’avais sauté ces séances, j’aurais fait un meilleur chrono. Mais je le fais parce que ça me plaît et parce que je veux aussi progresser dans cette discipline.</p>
<p>Côté chaussures, j’ai porté mes Adidas Boston 13 sur toutes les séances de tempo et les sorties longues du dernier mois de préparation, environ 100-110 km. J’avais expérimenté avec le laçage pour éviter les douleurs, et c’était bien de les avoir testées avant le jour de la course. L’important, c’est qu’elles soient bien adaptées à tes pieds pour éviter les frottements.</p>
<h3>Le dilemme du poids</h3>
<p>Je fais 1m88 pour 91 kg, pas vraiment le gabarit typique du marathonien. Pendant la prépa, je voulais progresser et je me suis dit : je vais essayer de perdre du poids. Il y a cette règle qui dit qu’un kilo en moins, c’est 5 secondes de gagnées par kilomètre.</p>
<p>J’ai perdu environ 5 kilos, mais à ce moment-là j’étais vraiment faible au CrossFit, je n’arrivais plus à faire les exercices, je ne me sentais pas bien. En plus, des symptômes grippaux sont arrivés. Au début, j’ai stressé parce que je ne savais pas que j’étais malade. J’étais super fatigué, parfois au lieu de me lever pour aller courir, je dormais. Je me disais : je n’arrive plus à suivre, c’est trop, je suis en surentraînement, j’en ai trop demandé à mon corps.</p>
<p>Quand j’ai appris que j’avais cette petite maladie, ça m’a en fait soulagé. Ma routine était là, ce n’était pas du surentraînement. Comme j’étais affaibli, j’ai décidé d’arrêter d’essayer de perdre du poids. Plutôt garder mon poids naturel, continuer à m’entraîner pour gagner du muscle et perdre du gras, mais sans couper les calories. Garder l’énergie, c’était la priorité.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/0923-parcours-avenue.jpg" alt="Le parcours dans les rues de Gand sous le soleil"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Le régime en lui-même n’était pas si dur mentalement, je n’avais pas particulièrement faim. Par contre, même si j’étais plus léger, plus dynamique, plus agile en courant, il y avait un effet négatif : avec moins d’énergie, je me sentais moins performant.</p>
<h2>L’objectif</h2>
<p>À la Corrida Brussels en décembre, je visais 40 minutes sur le 10 km. Je suis parti un peu trop vite sur le premier kilomètre donc je n’ai pas tenu, mais j’étais proche. À partir de là, je pouvais estimer ma VMA à 16,7 km/h, ce qui pointait vers une allure marathon potentielle de 4’30.</p>
<p>À l’entraînement, Matthis a vu que 4’30, c’était un peu trop rapide. La VMA te donne une fourchette, mais en regardant la fréquence cardiaque et les séances, on a affiné. On s’est arrêtés sur 4’40 comme allure cible.</p>
<h2>Gand, dimanche 29 mars</h2>
<p>Je suis arrivé le matin, la course était top. Il faisait beau mais frais, autour de 5-6 degrés. Je suis allé dans une friperie acheter un pull à porter avant le départ et à abandonner sur la ligne de départ.</p>
<p>J’ai pas mal hésité sur la tenue. Je cours toujours en débardeur, mais avec mon gabarit j’ai tendance à chauffer très vite. J’ai envisagé de mettre des manchettes, mais je me suis dit que je finirais par les enlever. J’y suis allé sans, et ça s’est bien passé.</p>
<h3>Kilomètres 1-20 : facile</h3>
<p>Le parcours est superbe. Les 20 premiers kilomètres, honnêtement, c’est facile. J’ai fait très attention à suivre mon allure de 4’40, parce que je savais que si j’allais un peu plus vite, je risquais de basculer en zone de seuil, et ce n’est pas idéal. Je ne voulais vraiment pas m’emballer : sur le 10 km, j’étais parti quelques secondes trop vite sur le premier kilomètre et ça m’avait mis dans le dur.</p>
<p>Un truc qui m’a beaucoup aidé, c’est une astuce vue sur Instagram : ajouter l’allure moyenne du kilomètre sur ma montre, en plus de l’allure instantanée. L’allure instantanée fait le yoyo à cause des bugs GPS. L’allure moyenne est beaucoup plus simple pour se réguler. Si je suis à 4’35 de moyenne alors qu’il reste 200 mètres, je sais que je peux relâcher un peu. Ça m’a permis d’être un métronome.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/1128-piste-cyclable.jpg" alt="Sur la piste cyclable le long du canal"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>J’ai aussi pris l’aspiration derrière certains coureurs qui tenaient un 4’40 régulier. Il fallait faire attention parce que parfois ils accéléraient. Quand je voyais sur ma montre que le gars était à 4’30, 4’25, je le laissais partir. Mais il y en a un que j’ai suivi pendant 8-10 kilomètres, c’était parfait : je me suis calé juste derrière lui et ça me protégeait du vent.</p>
<p>Le parcours de Gand est vraiment beau. Tu passes dans des petits coins où il y a plein de gens qui encouragent, parfois dans des passages étroits avec le public juste à côté de toi, c’est motivant. Et il y a des sections sur des pistes cyclables le long des canaux, de longues lignes droites qui s’étirent sur des kilomètres. C’est beau, en pleine nature, mais tu sens vraiment le vent. L’aspiration a beaucoup aidé sur ces sections exposées.</p>
<h3>Kilomètres 20-30 : ça brûle</h3>
<p>Entre le 20e et le 30e kilomètre, les muscles ont commencé à brûler. Fessiers, ischios, et vers la fin les épaules aussi. J’essayais de me relâcher un peu.</p>
<p>Les épaules m’ont surpris parce que je n’avais jamais vécu ça avant. Je pense que je n’étais pas assez relâché du haut du corps. C’est un peu comme la sensation en Hyrox quand tu fais le farmer carry, avec des poids au bout des bras. Je me disais : « qu’est-ce qui se passe, je ne porte pas 20 kilos dans chaque main, pourquoi ça m’arrive ? »</p>
<h3>Kilomètres 30-42 : le paradoxe</h3>
<p>Les 10 derniers kilomètres, il y a un effet paradoxal. D’un côté, c’est clairement la partie la plus dure du marathon. Mais de l’autre, quand tu commences à voir le chiffre 3 sur ton compteur de kilomètres, tu sais qu’il n’en reste que 10. Il y a un vrai boost de motivation.</p>
<p>Côté nutrition, j’avais prévu 45 grammes de glucides tous les 7 kilomètres, environ toutes les demi-heures, plus un gel juste avant le départ. Mon tout dernier gel, sans doute le plus important, était prévu au 35e kilomètre. Je l’ai pris dans ma ceinture et il m’a glissé des mains. Je n’étais plus tout à fait lucide, je pense. Je me suis dit « oh non », mais j’ai continué, je ne me suis pas arrêté. J’ai couru les 7 derniers kilomètres sans aucun carburant.</p>
<p>C’était une erreur parce qu’au ravitaillement il y avait des bonbons, des gels, des compotes de fruits. Mais j’étais trop concentré, je n’avais pas fait attention, je ne voulais pas perdre de temps. Ça fait partie des surprises du jour de course. En plus, mes gels ne contenaient pas d’électrolytes, et j’ai eu une petite crampe. Un point auquel je ferai attention la prochaine fois.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/1203-eglise-km35.jpg" alt="En route vers l'arrivée"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Le manque de glucides sur la fin a clairement joué. Les 2-3 derniers kilomètres, j’ai ralenti, je les ai courus en 4’50, 4’55, le tout dernier en 5 minutes. Mais comme j’avais mis un peu de temps de côté plus tôt, ça s’est équilibré et j’ai maintenu une moyenne de 4’40 pile. C’est assez drôle de tomber exactement sur le chiffre visé.</p>
<p>Vers le kilomètre 37, j’avais vraiment chaud, alors j’ai décidé d’enlever mon débardeur. C’est un truc que je garde toujours comme boost : le vent évapore la transpiration et ça me donne une meilleure thermorégulation. Évidemment, les derniers kilomètres d’un marathon, c’est le moment parfait pour ça. Et comme mon gabarit détonne un peu par rapport au marathonien typique, pas mal de gens dans le public se sont mis à m’encourager avec des « let’s go beast ! ». C’était assez drôle.</p>
<p>Dans les derniers kilomètres, j’ai aussi suivi un autre coureur qui s’est mis à me parler en flamand. Je ne comprenais pas un mot et je lui ai dit « English or French? ». On a fini par discuter un peu pendant la course : on s’est mis d’accord pour tenir l’allure jusqu’au kilomètre 37 et ensuite essayer d’accélérer. Il visait 3h15.</p>
<h3>L’arrivée : le stade couvert</h3>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/1213-canal-montre.jpg" alt="Les derniers kilomètres le long du canal"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À l’arrivée, on était ensemble. Le Marathon de Gand se termine dans un stade couvert : tu entres, tu fais un tour de piste de 400 mètres avec le public dans les tribunes. C’est absolument magnifique, tu es vraiment euphorique. Je me souviens que je me suis mis à semi-sprinter, j’ai doublé un gars dans les derniers mètres. L’ambiance était vraiment électrique, grisante. Mon compagnon des derniers kilomètres a fini en 3h15min30s, il était content.</p>
<p>Mon ami Martin était là aussi, on avait dîné ensemble la veille. Il habite à Gand et courait le semi-marathon avec un départ à 13h30. Je suis arrivé vers 12h20, donc on a eu le temps de débriefer avant son départ.</p>
<h2><a href="https://www.strava.com/activities/17898823977/overview">3h17’31&quot;</a></h2>
<p>Honnêtement, j’y suis allé sans vraiment savoir à quoi m’attendre. J’ai suivi le plan, mais avec la petite maladie et un passage à vide en fin de prépa, je n’étais pas sûr de comment ça allait se passer. Je me suis dit : vas-y et fais le travail, c’est tout. Et ça a marché.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/1221-arrivee-stade.jpg" alt="L'arrivée dans le stade couvert"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>La prépa était faite. Les sorties longues étaient dans les jambes, les 20 km à allure marathon au milieu d’une semaine à plus de 90 kilomètres étaient faits. J’y suis allé sans trop réfléchir, et le jour de la course s’est bien passé. Une bonne préparation, je pense que ça change tout. Le marathon ne pardonne pas, et quand les conditions ne sont pas réunies, en général ça ne paie pas.</p>
<p>J’ai bien absorbé la charge d’entraînement. Quand tu fais un mauvais marathon, ça passe extrêmement lentement, et celui-ci est passé vite, même si les derniers kilomètres étaient super longs. J’étais bien dans mes allures, je n’étais pas parti trop vite. Physiquement et mentalement, tu récupères vite quand ça se passe bien.</p>
<p>Je vois qu’il y a encore des axes de progression, et c’est motivant. Je commence à bien me connaître en tant que coureur, et c’est important d’apprécier ces étapes.</p>
<p>J’aime toujours autant ça, c’est certain. Si je devais donner un conseil à quelqu’un qui prépare son marathon : prends du plaisir dans ce que tu fais. C’est vraiment ça le but, amuse-toi.</p>
<p>Merci à <a href="https://www.instagram.com/matthis_granet/">Matthis</a> pour le coaching et la préparation qui ont rendu tout ça possible.</p>
<h2>La suite</h2>
<p>Le prochain grand objectif, c’est le 70 km by UTMB en Roumanie, fin juillet. D’ici là, il y aura quelques courses plus petites en mode course B : un Hyrox et une compétition de CrossFit, qui sera ma première.</p>
<p>J’ai aussi un rendez-vous sur route fin mai, les 20 km de Bruxelles. C’est la course la plus populaire de la ville, presque 30 000 participants. L’idée est de la caser dans la préparation trail tout en gardant une séance de vitesse par semaine. C’est important de ne pas perdre ce qui a été construit, mais la priorité va basculer vers le trail et le travail de dénivelé.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/marathon-gand/0831-depart-pont.jpg" alt="Sur un pont de Gand au petit matin"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Gand, c’était un super marathon, pas trop de dénivelé. J’aime courir près de chez moi, j’habite à Bruxelles, et c’est agréable de prendre le train plutôt que l’avion. Mais j’aime la variété : il y a d’autres marathons pas loin que je n’ai pas encore essayés, Namur, Paris peut-être. Je referais Gand avec plaisir, mais j’irai probablement en découvrir un autre.</p>
<p>Je pense refaire le même genre de programme l’année prochaine : un marathon à la fin de l’hiver, puis retour au trail.</p>
</content>
      <summary type="text">Le Marathon de Gand était mon quatrième marathon, mais le premier avec une vraie préparation dédiée. Le premier, c'était en 2021 le long du canal à Bruxelles. J'étais parti pour une sortie longue de 30 kilomètres et je me suis dit : je suis à 30 km, si j'en cours 12 de plus, j'ai atteint mon objecti</summary>
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      <published>2026-04-01T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2026-04-01T00:00:00.000Z</updated>
      <category term="blog"/>
      <author>
        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
      </author>
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      <title>Ultra Trail di Corsica : mon premier 100 miles</title>
      <content type="html"><h1>Ultra Trail di Corsica : mon premier 100 miles</h1>
<p>Alors, comme tu le sais, j’adore le trail. Au fil des années, j’ai fait pas mal de randos en fast-packing, comme le GR20, le GR54 et d’autres, tu peux lire ces aventures ailleurs sur mon blog. Mais l’année dernière, en 2024, quelque chose a changé : j’ai décidé de faire le tour du Mont Blanc. Tout est parti de là, parce que j’ai commencé mon tour du Mont Blanc le lendemain même de la fin de l’UTMB.</p>
<p>À mon arrivée, j’ai été happé par l’effervescence autour de cette course de trail mythique. L’ambiance était absolument incroyable, et ça m’a vraiment attiré. Il y avait cette connexion extraordinaire entre tous les coureurs, les organisateurs et tous ceux qui participaient. C’est là que je me suis dit : « C’est vraiment mon année, il faut que je m’y mette. » J’en avais vraiment envie. Je sentais que ce serait une expérience fascinante, peut-être proche du fast-packing que j’aime tant, mais avec une dimension communautaire beaucoup plus forte.</p>
<p>J’ai donc bouclé mon Tour du Mont Blanc en quatre jours, et c’était incroyable. Après ça, je me suis dit : « OK, maintenant je m’inscris. Mon but ultime, c’est de faire l’UTMB, une course au format 100 miles. » Environ un mois plus tard, je suis allé sur le site de l’UTMB et j’ai trouvé une course qui me plaisait…</p>
<p>C’est comme ça que tout a commencé : j’ai décidé de m’inscrire à l’Ultra Trail di Corsica du <a href="https://restonica.utmb.world/fr">Restonica Trail</a>, une course de 110 km avec 7 000 mètres de dénivelé positif, en plein cœur de la Corse. J’ai découvert que pour participer à l’UTMB, il faut collecter des « stones », et qu’en courant des épreuves du circuit UTMB, je pouvais accumuler les stones nécessaires pour décrocher un jour mon dossard. C’est comme ça que mon aventure a commencé. Je me suis d’abord inscrit sur le format « 100 Miles », et pour préparer cette course, j’avais environ 8 ou 9 mois devant moi. Pour te donner une idée, à ce moment-là, je venais tout juste de battre mon record sur semi-marathon : 1 h 45.</p>
<p>J’ai commencé par un entraînement marathon avec l’<a href="https://web.runna.com/redeem?code=RUNNAA1LGWTQ">appli Runna</a>, à raison de cinq sorties par semaine. Après quatre mois, j’ai couru mon marathon. Ensuite, de mars à juillet, j’ai continué avec Runna mais en passant sur leur plan d’entraînement 100 km, sur quatre mois également. Pendant cette phase, je courais six fois par semaine en mode Elite Plus sur Runna, avec un maximum d’environ 120 km par semaine. En plus de ça, je faisais du CrossFit toute l’année, entre trois et cinq fois par semaine. Voilà pour la préparation.</p>
<p>Après ça, direction la course. Je suis parti fin juin, j’ai pris l’avion pour Bastia et je logeais dans une maison là-bas. La course partait le jeudi soir, et je crois que j’ai quitté la maison vers 15 h. J’avais préparé mon sac avec tout le matériel obligatoire. Je suis allé récupérer mon dossard et mon drop bag. Dans mon drop bag, j’avais mis des vêtements et des chaussures de rechange. Ensuite, je suis simplement allé manger un burger au restaurant avant de rejoindre la ligne de départ.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/corte-depart.jpg" alt="Un groupe de coureurs de nuit, entouré d'une foule brandissant des fumigènes rouge vif, la fumée envahissant la rue et la scène baignée de lumière rouge, créant une atmosphère intense et électrique au départ d'une course."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>La course a démarré à 23 h à Corte. J’étais dans le sas de départ, parmi 450 coureurs, placé aux trois quarts de la meute environ, parce que j’étais arrivé juste avant le départ. Quand la course s’est lancée, c’était absolument incroyable : plein de gens bordaient les rues de Corte menant à la première montagne, en allumant des fumigènes comme dans un stade de foot. On était entourés de lumières rouges, de fumée, une ambiance d’une intensité folle. Et me voilà parti, avec mon sac, prêt à en découdre.</p>
<h2>Corte, jeudi 23:00</h2>
<p>Et c’est parti, la course démarre, et on attaque tout de suite la première grosse montée vers Padule, un bon 1 000 mètres de dénivelé d’entrée de jeu. Comme il fait nuit, tout le monde allume sa frontale, et on se retrouve vite en file indienne, les uns derrière les autres sur des singles étroits. Doubler est quasi impossible, donc tu es obligé d’avancer au rythme du groupe, ce qui est à la fois frustrant et assez particulier. Ne pas pouvoir imposer son propre rythme, c’est dur, et il faut environ deux heures pour atteindre le sommet.</p>
<p>À ce stade, tout le monde déborde encore d’énergie, moi y compris. Je me dis « C’est parti ! » et je savoure l’ambiance. C’est la toute première fois que je prends le départ d’une course de nuit, et voir cette file interminable de frontales serpenter dans la montagne est tout simplement magique. On grimpe tous ensemble, comme une constellation en mouvement dans l’obscurité.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/padule-monte.jpg" alt="Un groupe de traileurs équipés de frontales et de sacs grimpe un sentier rocailleux et escarpé de nuit, entouré de buissons et éclairé par des faisceaux de lumière dans l'obscurité."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À un moment, je remarque mon numéro de dossard, le 464, et je repère devant moi quelqu’un avec le dossard 87. Je sais que les numéros de dossard sont attribués selon l’Index UTMB, qui classe en gros ta vitesse et ton expérience de traileur. Alors je me dis : « OK, ce gars est numéro 87, il doit être plutôt bien classé. Je vais essayer de le suivre et de me caler derrière lui. » C’est une petite stratégie, mais dans ces premières heures, ça aide d’avoir une cible et un peu de motivation.</p>
<h2>Padule, vendredi 00:57, 7 km 1316 m+ 1:57 218e</h2>
<p>On arrive enfin à Padule, le premier ravito. Je suis toujours fidèle à mon plan nutrition : à chaque ravito, je remplis deux flasques de <a href="https://www.decathlon.be/fr/p/boisson-isotonique-poudre-iso-citron-2kg/_/R-p-304202">poudre isotonique</a> pour un apport en sucres, et je continue mes <a href="https://4endurance.fr/products/gel-energetiques-nrgy-gel-45-16x-nduranz">gels de 45 grammes de glucides</a>, un par heure. À Padule, je m’enfile un Coca vite fait, sans traîner, et je repars aussitôt grimper.</p>
<p>À ce moment-là, le peloton commence à s’étirer. Il reste une courte montée avant que le sentier ne débouche sur une sorte de plateau. Là, pour la première fois, je peux vraiment commencer à doubler et à avancer à mon rythme, puisque les sentiers s’élargissent et que beaucoup de coureurs font une pause au ravito. C’est le moment où j’entre vraiment dans ma course : je me sens bien, je trouve mon rythme et je dépasse d’autres coureurs au passage.</p>
<h2>Boniacce, vendredi 01:59, 15 km 1704 m+ 2:59 186e</h2>
<p>En arrivant à Boniacce, je suis vraiment dans la course : je suis remonté à la 186e place, en gagnant déjà pas mal de positions. Je me sens toujours très bien, je cours fort, et je claque même quelques kilomètres à 12 km/h sur les sections plates et faciles. C’est un énorme boost de confiance de remonter au classement et de se sentir aussi bien si tôt dans la course.</p>
<p>Après Boniacce, le sentier plonge en descente, et j’en profite : je descends vite et je double beaucoup de monde. Il y a une petite montée, puis une nouvelle descente vers Calacuccia. Calacuccia est au bord d’un magnifique lac, et à mon approche, le soleil commence tout juste à se lever, vers 5 heures du matin. Le ciel vire au rouge au loin, avec des reflets qui dansent sur le lac. C’est un moment vraiment magnifique, et je prends une seconde pour m’en imprégner.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/calacuccia.jpg" alt="Un paisible paysage de montagne à l'aube ou au crépuscule, avec un lac reflétant les dernières lueurs du ciel, des lumières de village éparpillées le long de la rive et des montagnes se découpant sur un horizon bleu et orange."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<h2>Calacuccia, vendredi 06:14, 33 km 2366 m+ 6:14 167e</h2>
<p>Quand j’arrive à Calacuccia, il y a des portions légèrement inclinées, mais je suis encore en pleine forme et capable de les trottiner. Jusque-là, je monte les côtes en marche rapide à bon rythme, je cours le plat à environ 10 km/h et je trottine sur le terrain vallonné. Je me sens vraiment au sommet de ma forme, à une allure dont je suis fier. Au ravito, je m’en tiens à ma routine : je remplis mes boissons isotoniques, je prends un gel énergétique, je bois un peu de Coca, puis je repars.</p>
<p>À Calacuccia, je suis 167e. De là, on attaque la plus grosse montée de la course, une ascension d’une seule traite de 1 700 mètres de dénivelé positif. On passe tout près du Monte Cintu, le plus haut sommet de Corse, et du lac du Cintu. Une section incroyable ! Pour cette montée, je prends mon temps et je marche ; le soleil se lève et la température commence à grimper, alors je mets de la crème solaire.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/crucette-debut.jpg" alt="Un traileur portant un gilet d'hydratation et une tenue de sport court sur un chemin de terre à travers un paysage montagneux au lever du soleil, le soleil émergeant au-dessus des collines lointaines et baignant la scène d'une lumière chaude."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>C’est à ce moment-là que les choses commencent à se corser, et je réalise que j’en suis à environ un tiers du parcours, autour du 40e kilomètre sur 110, après 7 heures de course. Je me dis : « Je suis dans les temps ; si je garde cette allure, je peux finir en 21 heures. » C’est au-delà de mes rêves les plus fous : mon objectif ultime, c’était 24 heures, donc même si je ne tiens pas ce rythme, je peux peut-être quand même accrocher la barre des 24 heures. D’après mon index UTMB, l’estimation tournait autour de 26 h 30, c’était donc ça mon objectif réaliste, en essayant peut-être de faire un peu mieux pour améliorer mon index. Bien sûr, mon objectif principal est simplement de finir, mais réaliser que je suis sur des bases de 21 heures, c’est une sensation incroyable. Je sens vraiment que mon entraînement a payé. Je n’avais jamais rien tenté de tel, et voilà que neuf mois après le début de mon aventure, je suis en plein milieu d’un ultra de 100 miles.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/crucette-half.jpg" alt="Un traileur avec un sac à dos et des bâtons de trek gravit une pente verdoyante sous un ciel bleu limpide, entouré de sommets escarpés et de terrain rocheux."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>La montée devient de plus en plus dure, le dénivelé est brutal. Mon record jusque-là, c’était une course avec 3 000 mètres de dénivelé positif, et là, au sommet, j’en suis déjà à 4 000 mètres : je dépasse mes limites. En chemin, je rencontre un coureur belge. On discute en anglais (il est néerlandophone), et il me raconte qu’il a fait une vingtaine de courses de plus de 100 kilomètres, dont l’UTMB, et qu’il est juste là pour se tester. Au bout d’un moment, il me dit : « Tu es trop rapide pour moi, je te laisse partir devant. » Je ne me sens pas rapide du tout, la montée est vraiment mon point faible. Je suis un coureur relativement lourd (1,87 m pour environ 87 kg), donc les montées ne sont jamais mon fort.</p>
<p>On finit par atteindre le lac du Cintu, à peu près à la moitié ou aux deux tiers de la montée, puis il reste une dernière ascension raide jusqu’à Bocca Crucette, à l’éperon du pierrier. C’est très raide et long, mais au sommet je prends un moment pour profiter de la vue. À ce stade, on rejoint le GR20, juste à côté du refuge de Tighjettu, et on va suivre le GR20 sur trois étapes : Tighjettu, Ciottulu di i Mori, Manganu, et la moitié de Manganu à Petra Piana. Il y a maintenant plus de randonneurs sur le sentier, et on sent bien qu’ils sont tous plutôt impressionnés par ce qu’on est en train de faire.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/crucette-sommet.jpg" alt="Un traileur gravit un terrain rocheux et escarpé en montagne sous un ciel bleu limpide, suivi d'un autre coureur, avec un petit lac alpin visible au loin en contrebas."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<h2>Bocca Crucette, vendredi 08:58, 44 km 4154 m+ 9:58 159e</h2>
<p>De là, une longue descente mène au ravito suivant, à Ballone. Je commence à sentir que la descente devient un peu plus difficile. Je continue à trottiner, mais moins vite qu’avant ; au début, la descente est super raide, donc je prends mon temps. Des coureurs commencent à me dépasser en dévalant littéralement le sentier, et c’est là que je réalise que mon corps n’est plus aussi frais qu’au départ. Mes jambes s’alourdissent ; parfois je veux enchaîner les appuis rapidement, un pied après l’autre, mais mes jambes ne répondent pas aussi vite que je le voudrais. Avec la fatigue musculaire, je n’arrive plus toujours à poser le pied exactement où je veux, ce qui perturbe un peu mon équilibre, donc je sais que je dois redoubler d’attention.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/ballone-descente.jpg" alt="Traileur avec casquette et gilet d'hydratation souriant en courant sur un sentier de montagne rocailleux et verdoyant."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À ce moment-là, je porte mes S/Lab Ultra Genesis, et comme j’ai un hallux valgus (en gros, les pieds larges), elles commencent à me serrer sérieusement. Je veux resserrer mes chaussures pour garder les pieds stables en descente, mais en même temps, la pression devient inconfortable. Je commence à ressentir une vraie gêne, mais j’essaie de passer outre, en me disant que c’est juste un désagrément mineur et pas bien grave. N’empêche, c’est le premier signe que les choses commencent à se compliquer.</p>
<h2>Ballone, vendredi 10:18, 48 km 4154 m+ 11:18 155e</h2>
<p>Quand j’arrive à Ballone, c’est un point de rafraîchissement, et je suis maintenant 155e. Je remets de la crème solaire et je prends un verre.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/ballone.jpg" alt="Un traileur sourit en trottinant sur un sentier de montagne verdoyant entouré de rochers, de fougères et d'une végétation dense, portant une casquette, un gilet d'hydratation et une tenue de sport."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Je me souviens qu’une bénévole au ravito m’a apporté une boisson, et alors que je la remerciais, elle m’a demandé : « Où est ton dossard ? » J’avais en fait mon dossard sur un porte-dossard, sur le côté, mais elle m’a demandé de le mettre devant. J’étais un peu réticent : quand le dossard est devant, il gêne dans les montées, il appuie contre le ventre et les cuisses quand tu te penches en avant. En plus, ça peut l’abîmer, et j’aime garder le mien en bon état pour l’exposer à la maison après.</p>
<p>Elle m’a fait remarquer : « Oui, mais tu risques une pénalité. Et puis, ils m’ont déjà fait porter le t-shirt et tout. » C’est là que j’ai compris qu’elle était officielle de course, avec l’autorité pour faire respecter le règlement. Selon le règlement officiel, le dossard doit être visible sur l’avant. J’ai donc mis mon dossard devant, mais honnêtement, je commençais déjà à me déconnecter un peu de la course et du chrono, surtout planté là à me faire rappeler les règles. Tout ce que je voulais, c’était qu’on me laisse tranquille et continuer à avancer, ce n’était pas facile.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, je suis à Ballone, au 50e kilomètre de la course, et je gagne encore des places. De là, on part dans une montée vers Ciottulu di i Mori, le refuge du GR20. Je me sens un peu fatigué, alors j’y vais doucement. On grimpe, et on finit par atteindre un col.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/tiget.jpg" alt="Un traileur portant une casquette et un gilet d'hydratation gravit un sentier de montagne rocheux sous un ciel partiellement nuageux, avec des sommets escarpés et des touffes d'herbe verte en arrière-plan."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Au sommet, je me dis : « Oui, OK, j’y suis. » Mais quand je regarde à droite, je vois que l’itinéraire continue de monter le long de la crête. Je me souviens que ça m’a donné un vrai faux espoir : je pensais que la montée était finie, mais pas du tout.</p>
<h2>Ciottulu di i mori, vendredi 12:44, 53 km 4860 m+ 13:44 176e</h2>
<p>J’arrive finalement à Ciottulu di i mori. Il n’y a que de l’eau à ce ravito, donc je remplis juste mes boissons isotoniques et je continue. À ce stade, je suis 176e, j’ai perdu une vingtaine de places, et ça commence vraiment à devenir dur. Vient ensuite une descente vers Ciattarinu, la base de vie où on récupère nos drop bags. Je connais bien ces sections parce que j’ai déjà fait le GR20, mais maintenant j’avance vraiment lentement. Je n’arrive plus à courir, alors que le terrain n’est pas technique, juste un peu rocailleux et instable, mais pas raide. Ça devrait être roulant, mais je n’y arrive tout simplement plus. J’ai mal aux pieds, mes jambes sont lourdes, et les gens me dépassent.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/tiget-monte.jpg" alt="Un traileur portant des lunettes de soleil, une casquette et un gilet d'hydratation marche sur un terrain rocheux en montagne, avec des parois abruptes et des blocs de rocher en arrière-plan."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À ce moment-là, je réalise que mes objectifs de 24 heures, 26 heures ou autres sont partis en fumée. J’espérais atteindre Ciattarinu vers midi le vendredi, mais je n’y arrive qu’à 14 h 30, après environ 15 heures et demie de course, alors que je pensais y être après 12 heures. Alors quand j’atteins enfin Ciattarinu, je suis bien fatigué et pleinement conscient que je n’atteindrai pas mes temps cibles. Mais comme c’est la base de vie, je décide de prendre le temps de récupérer.</p>
<h2>Ciattarinu, vendredi 14:30, 60 km 4905 m+ 15:30 189e</h2>
<p>En y arrivant enfin, ça me frappe : à partir de maintenant, mon seul objectif est de finir la course, quoi qu’il arrive. Je marche déjà, et si je marche à ce stade, je sais que je ne pourrai probablement plus beaucoup courir sur le reste du parcours. J’en suis à 60 km sur 110, avec 5 000 mètres de dénivelé positif avalés, donc je sais qu’il me reste environ 2 000 mètres de montée et 50 km, ce qui veut dire que j’ai déjà couvert une bonne partie de la distance comme du dénivelé.</p>
<p>Ciattarinu est une vraie base de vie : on peut y faire une sieste, prendre une douche et se remettre à zéro. Je file au vestiaire et je prends une douche (je n’avais pas de serviette, alors j’ai demandé à quelqu’un de m’en prêter une). Me changer me fait un peu de bien. Ensuite, je fais face à un dilemme au sujet de mes chaussures : mes Salomon me font mal aux pieds, mais les Hoka que j’ai emportées sont un peu usées. Malgré tout, la douleur des Salomon est trop forte, donc je passe sur les Hoka Speedgoat 5, en espérant un peu de répit. Pendant que je suis à la base, je mange aussi un peu : il y a des options plus consistantes, alors je prends de la salade de pâtes, du thé glacé et de la soupe.</p>
<p>Je fais une pause, et juste à ce moment-là, un vrai orage éclate : pluie battante, tonnerre et éclairs. Pendant qu’on attend que ça passe, je discute avec d’autres coureurs. Les gens parlent de la distance restante, de l’orage, et de se reposer ou non, puisqu’il y a des lits disponibles. Il y a une vraie possibilité de faire une bonne pause avant de repartir. À ce moment-là, je réalise que je suis réveillé depuis environ 30 heures d’affilée : levé jeudi à 10 h, et on est maintenant vendredi, 16 h. Mais je me dis non, l’objectif est de continuer à avancer ; je n’ai pas vraiment envie de dormir.</p>
<p>J’attends que l’orage passe, et quand la pluie se calme, je repars. Je rejoins un petit groupe, et même si l’orage traîne encore dans le coin, il est assez loin : je vois les éclairs et je compte les secondes entre l’éclair et le tonnerre, donc je sais qu’il n’est pas juste au-dessus de nous. J’enfile ma veste de pluie pour me protéger, et en fait, je me sens plutôt bien, capable de trottiner les sections plates alors qu’on se dirige vers le lac de Ninu.</p>
<p>Puis il se passe quelque chose qui rend la suite de la course vraiment difficile : je commence à avoir mal à l’intérieur du genou droit. Je pense à un syndrome de l’essuie-glace, comme le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, mais j’apprendrai plus tard que le syndrome de la bandelette se manifeste à l’extérieur, et qu’une douleur à l’intérieur vient en fait de la patte d’oie. Cette douleur me colle à la peau jusqu’à la fin de la course. Je continue, mais je ne peux vraiment plus beaucoup courir : au mieux, je trottine à 7 ou 8 km/h sur les portions plates les plus faciles, mais c’est tout. Et même là, je me sens épuisé, donc je ne force pas trop.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/ninu.jpg" alt="Un traileur portant une casquette et un gilet d'hydratation traverse une plaine herbeuse et dégagée près d'un lac aux reflets miroitants, avec des montagnes en arrière-plan et un soleil éclatant dans le ciel."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Après une montée, la pluie s’arrête et je marche maintenant vers Inzecche en contournant le lac de Ninu, c’est magnifique.</p>
<h2>Inzecche, vendredi 19:33, 74 km 5518 m+ 20:33 177e</h2>
<p>Quand j’arrive à Inzecche, tout le monde est super sympa. Je plaisante avec les bénévoles, ils me disent : « Ah, tu es belge ! J’ai croisé un gars ce matin qui me demandait si j’avais de la Chimay », et ainsi de suite. L’ambiance est excellente, et ça fait un bien fou. Il est environ 19 h 30, donc il reste un peu de lumière du jour, mais plus pour longtemps.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/inzecche.jpg" alt="Traileur debout parmi de gros rochers sur un sentier de montagne au lever du soleil, avec des collines en arrière-plan."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À ce stade, je ne suis plus ma stratégie nutrition d’origine. Je remplis toujours mes flasques de boisson isotonique (environ 30 grammes de glucides par flasque), mais j’ai arrêté les gels, puisque je sais que je ne finirai pas dans le temps prévu. Je me dis : « OK, peu importe, je vais juste continuer à marcher. » À chaque ravito, je mange plus de solide et je bois du Coca-Cola. Je me régale avec les gaufres Naak (comme des gaufres au miel, ou les stroopwafels qu’on connaît en Belgique), que je sais pouvoir manger sans aucun problème. Je m’offre même une petite tartine de terrine de sanglier, un délice.</p>
<p>Puis je repars. Il est 20 h, et j’assiste à mon deuxième coucher de soleil, en route pour une deuxième nuit blanche consécutive. À ce stade, je suis réveillé depuis environ 36 heures. Je suis toujours sur le plateau autour du lac de Ninu, relativement plat avec quelques zones humides. Il y a plein de vaches, quelques chevaux sauvages, c’est vraiment magnifique. Je continue à marcher, mais je commence à avoir mal aux pieds. Quand j’enlève mes chaussettes, je vois qu’elles sont trempées, alors j’en change. (À Ciattarinu, quand j’avais changé de chaussettes, j’avais mis des chaussettes à orteils en laine mérinos, mais elles étaient trouées au gros orteil, donc j’étais passé sur des chaussettes Decathlon classiques. Maintenant, comme mes pieds sont mouillés et douloureux, je change encore de chaussettes.)</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/manganu.jpg" alt="Un paysage de montagne pittoresque au crépuscule, avec des sommets escarpés baignés d'une douce lumière rose sous un ciel dégagé, des prairies herbeuses et un terrain rocheux au premier plan."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À ce moment-là, je me dis : allez, c’est parti ! Je sais ce qui m’attend : deux montées de 750 mètres et 40 kilomètres pour finir la course. Je connais bien la première montée de 750 mètres, elle fait partie du GR20 : c’est l’ascension du refuge de Manganu à la brèche de Capitellu, l’une des sections les plus dures du GR20. Donc je sais ce qui m’attend.</p>
<p>Je continue à marcher, et à ce stade, je suis vraiment tout seul. Depuis que la pluie s’est arrêtée, il ne reste presque plus personne sur le parcours. Je suis complètement seul dans cette plaine, en route vers le refuge de Manganu. Un coureur autrichien, Dominik, me dépasse et discute un peu, mais je suis enfermé dans ma tête et pas très bavard. Je veux juste continuer à avancer et finir la course. Je suis plutôt convaincu que je vais y arriver. Mon genou me fait mal et mes muscles sont fatigués, mais ce n’est pas insupportable. La douleur au genou est là, mais elle n’est ni aiguë ni électrique. J’ai déjà eu des tendinites (au tendon d’Achille par exemple) où je ne pouvais même plus marcher ; là, c’est différent, juste une douleur sourde. Alors je continue, j’atteins Manganu (sans m’arrêter), et à ce moment-là, la nuit est vraiment tombée. Je sors ma frontale et j’attaque la montée vers la brèche de Capitellu.</p>
<p>Comme je le disais, je sais exactement ce qui m’attend dans cette montée. C’est une section qui semble véritablement interminable : chaque fois que tu crois avoir atteint le sommet, tu réalises qu’il reste encore un bout de chemin. Le sommet n’est qu’à 750 mètres de dénivelé, à 2 000 mètres d’altitude, mais le défi n’est pas la distance, c’est le terrain. Le sentier est extrêmement technique, entièrement fait de rochers et de pierres instables qui exigent de crapahuter en permanence. Parfois, les marches sont si hautes qu’on a l’impression de gravir trois escaliers à la fois. Je suis pleinement conscient que c’est ce qui m’attend.</p>
<p>J’ai ma musique qui joue doucement sur le haut-parleur de mon téléphone, juste assez fort pour moi, personne d’autre. La nuit tombe vite, et en grimpant, je repère d’autres frontales qui scintillent devant et derrière moi. Il y a quelque chose de rassurant dans cette vision ; ça me rappelle que je ne suis pas seul à affronter ce segment impitoyable. Grimper ça de nuit est une expérience complètement différente, à la fois intense et impressionnante.</p>
<p>Heureusement, l’itinéraire est bien balisé avec de petits marqueurs rétro-réfléchissants, ce qui change tout. Je n’avais jamais remarqué que certaines balises officielles du GR20 sont aussi réfléchissantes ; ça m’a vraiment aidé à trouver mon chemin, et je n’ai eu aucun mal à rester sur le tracé. Malgré tout, la montée semble encore plus longue de nuit, et chaque mètre en paraît dix.</p>
<p>Peu après, un autre coureur apparaît, un gars un peu plus grand que moi. Il se met à suivre mon rythme de près, posant pratiquement ses pieds là où je pose les miens, « prenant ma roue » comme en cyclisme. On ne parle pas vraiment, il répond par bribes, ne brisant le silence que de temps en temps. De temps à autre, j’annonce : « Mec, pause eau », et on s’arrête pour une courte pause. La montée est si raide et exigeante que tous les quatre ou cinq pas, je me surprends à grogner comme un joueur de tennis, ce qui doit être assez drôle pour celui qui suit.</p>
<p>Finalement, en approchant du sommet, je demande : « Tu viens d’où ? » et il répond : « D’Espagne. » Comme je parle un peu espagnol, je change de langue et on commence à discuter. Il s’appelle Xavi (Javier), et on échange quelques conseils : « Cuidado en este tramo », « Fais attention ici. » Le sommet de la crête finit par apparaître. Même s’il fait nuit et que je ne vois pas grand-chose, je sais de mémoire que cet endroit surplombe les deux magnifiques lacs jumeaux de montagne, le lac de Capitellu et le lac de Melu (voir ci-dessous à quoi ça ressemblait quand j’ai fait le GR20 en 2020).</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/capitellu-2020.jpg" alt="Simon Myway sur le GR20"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Mais à partir de là, le défi n’est pas terminé. Vient ensuite la traversée technique de la crête, presque de la mini-escalade, mais cette fois en descente. La pente est si raide qu’on est obligés de s’asseoir, de glisser, de se retourner pour trouver des appuis : une aventure en soi. Un peu plus tard, Dominik, l’Autrichien, nous rattrape et se joint à nous ; nous voilà donc en trio pour affronter ce passage sauvage. Impossible de ne pas jurer et rire devant la difficulté absurde de cette section. « C’est quoi cette folie ? » lance quelqu’un, et ça détend l’atmosphère.</p>
<p>Devant nous se trouve Bocca a Soglia, un col un peu plus loin. De là, on quittera le GR20 pour entamer la descente vers le lac de Melu, tandis que le tracé officiel du GR20 continue de descendre vers Petra Piana. Le passage le plus dur de la nuit est derrière nous, mais l’aventure est loin d’être finie.</p>
<h2>Bocca a Soglia, samedi 00:06, 85 km 6233 m+ 25:06 177e</h2>
<p>On arrive enfin au ravito, installé sur le col. C’est une installation minimaliste, juste un point liquide proposant du Coca et de l’eau. Comme d’habitude, je prends un peu de Coca pour me requinquer et un moment pour remplir mes flasques. Xavi est déjà là, visiblement encore plein d’énergie. « Let’s go, man! » lance-t-il, impatient de repartir sur le sentier. Je m’excuse rapidement : « Désolé, je dois juste remplir mes flasques », et il m’attend patiemment. Dès que je suis prêt, on entame la descente ensemble.</p>
<p>D’entrée de jeu, Xavi impose un rythme rapide dans la descente. Je fais de mon mieux pour rester dans sa roue, mais au bout d’un moment, il me distance et disparaît progressivement devant. La descente vers Grotelle est courte mais intense : à peine 3 kilomètres, mais avec 600 mètres de dénivelé négatif spectaculaires.</p>
<p>À ce moment-là, Dominik me rattrape, et on descend ensemble pendant que Xavi file devant à la vitesse de l’éclair. Xavi a mentionné quelque chose à propos d’un ami qui l’attend en bas ; je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, mais il semble avoir un supplément de motivation qui le pousse.</p>
<p>Le sentier est si raide que des échelles ont été fixées dans la roche à certains endroits. Négocier ces échelles dans le calme de la nuit, probablement vers 2 ou 3 heures du matin, ajoute une touche palpitante à l’aventure. Malgré l’appréhension, on descend les échelles sans encombre et on continue.</p>
<p>Puis, en pleine descente, je glisse soudainement : le genre de moment où tout se joue en une fraction de seconde. Je parviens de justesse à me rattraper avec mon bâton, mais j’entends un claquement sec : mon fidèle bâton Leki en carbone a cassé. Me voilà réduit à un seul bâton pour le reste de la course. J’en suis quelque part entre les trois quarts et les quatre cinquièmes du parcours, donc au moins l’arrivée n’est plus si loin, mais je sais à quel point ce bâton m’aidait pour l’équilibre et la stabilité. C’est franchement frustrant, mais je me rappelle que ce genre de choses arrive en ultra : il faut juste s’adapter et continuer à avancer.</p>
<h2>Grotelle, samedi 01:29, 89 km 6241 m+ 26:30 176e</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/grotelle.jpg" alt="Des traileurs éclairant un sentier rocailleux avec leurs frontales lors d'une course de nuit."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Je persévère et j’arrive enfin au ravito de Grotelle, avec Dominik. On se sent tous les deux étonnamment bien, vu la distance parcourue jusque-là. Dominik lance aussitôt : « Ouais, on continue », et j’acquiesce sans hésiter. « Oui, mec, on continue. Pas de pause, et il est hors de question qu’on dorme, mais il faut que je mange un petit quelque chose en avançant. » On échange rapidement avec quelques autres et avec les bénévoles qui, comme toujours, sont incroyablement sympathiques et encourageants. Leur énergie positive est un boost bienvenu.</p>
<p>On sait à ce stade qu’on a atteint la toute dernière montée de la course. Pour remettre les choses en perspective, on est au kilomètre 90 sur 110, plus que 20 kilomètres, avec une dernière ascension d’environ 750 mètres encore devant nous. Je repense à un entraînement fait plus tôt dans la semaine en Corse : j’avais avalé 750 mètres de dénivelé positif en une heure et demie, aller-retour, pas loin de la maison. J’essaie de canaliser cette expérience en me disant : « Bon, il est temps d’en finir. »</p>
<p>Nous voilà donc repartis, et bientôt rejoints par un autre coureur, dont le nom m’échappe, mais il s’intègre direct à notre petit groupe alors qu’on attaque la montée. Curieusement, la section commence par une courte descente avant que le vrai défi de la montée ne démarre. Il est probablement 2 ou 3 heures du matin, et voilà que surgit de nulle part Xavi, l’Espagnol, qui vient vers nous en sens inverse. Il s’arrête pour demander : « Ah, ¿has visto a mis amigos? » (tu as vu mes amis ?). Je suis déboussolé et je réponds : « Mec, qu’est-ce que tu racontes ? » Il semble perdu, sans savoir dans quel sens aller. Je le regarde faire demi-tour et repartir en arrière ; il doit déjà être à trois kilomètres dans ce segment, mais le voilà qui rebrousse chemin, ce qui veut dire qu’il va se taper six kilomètres de rab juste pour chercher ses amis. Je ne peux pas m’empêcher de penser : « Ses amis sont forcément sur le parcours et le retrouveront à l’arrivée. Je ne sais pas ce qui lui arrive. »</p>
<p>On continue, et une fois de plus je vois de petites frontales danser au loin au-dessus de nous. La montée paraît interminable, et je me persuade : « Impossible qu’on doive monter jusque là-haut. » Mais l’ascension s’avère aussi brutale qu’elle en a l’air, un effort sans répit. Dominik prend les commandes, et je le suis dans ses pas, nos réserves d’énergie au plus bas. Je suis tellement épuisé que même respirer profondément me fait bizarrement mal à la poitrine, comme si je n’arrivais pas à prendre une inspiration complète. Malgré tout, la seule option est de continuer à avancer, même si le sentier semble ne jamais finir.</p>
<p>Me voilà donc, appuyé sur mon unique bâton restant pour grimper. Je m’aide de mon bras gauche, en poussant sur les rochers dès que je peux, concentré sur une progression régulière. On continue à grappiller du terrain, chaque pas demandant plus d’effort que le précédent. On finit par atteindre une section nettement plus raide. Je me dis : « Ça doit être ça, le dernier ressaut. » C’est si raide que chaque pas donne l’impression de gravir quatre marches d’un coup.</p>
<p>Sans prévenir, je commence à surchauffer. Une chaleur intense et écrasante m’envahit, au point que j’envisage d’enlever mon t-shirt juste pour me rafraîchir. Mais là, je me souviens de ces histoires des films sur l’Everest, où des gens atteints du mal des montagnes ont tellement chaud qu’ils enlèvent toutes leurs couches, même par un froid glacial, et ça ne finit jamais bien. Cette pensée me ramène à la raison, et je décide de m’abstenir. Au lieu de ça, je continue à pousser, mais une petite alarme se déclenche dans ma tête : « Est-ce que je peux vraiment faire confiance à mon corps à ce stade ? » La fatigue me rattrape ; après tout, c’est ma deuxième nuit sans fermer l’œil et j’ai déjà couvert 100 kilomètres. Évidemment, je suis épuisé, mais je continue de grimper quand même.</p>
<p>La surchauffe continue jusqu’au sommet, mais on finit par y arriver. En haut, on se retrouve sur un plateau, le plateau d’Alzu. De là-haut, on aperçoit le ravito au loin, mais il reste encore environ un kilomètre de sentier avant de l’atteindre. On est à environ 1 700 mètres d’altitude, donc l’air est moins chaud. Au lieu de ça, le vent se lève, et dès qu’on arrête de grimper, mon rythme cardiaque chute, et tout bascule d’un coup : la chaleur brûlante laisse place à un froid grelottant. Je me mets à trembler, les dents qui claquent de manière incontrôlable, je suis gelé. Je demande aux gars avec moi : « Vous avez froid ? » mais ils secouent la tête : « Non, ça va. » Je suis surpris, mais au moins le ravito est en vue.</p>
<p>Je me concentre pour l’atteindre, mais le froid continue de s’insinuer. Je m’arrête un instant, je me tourne vers mes compagnons et j’avoue : « Les gars, j’ai vraiment froid. » Je sors ma veste de pluie, encore humide d’un peu plus tôt dans la course, quand il avait plu, mais je l’enfile quand même, en espérant qu’elle retienne un peu de chaleur. Progressivement, en continuant d’avancer, je commence à me réchauffer, et je persévère, déterminé à atteindre le réconfort du ravito.</p>
<h2>Alzu, samedi 05:03, 99 km 6969 m+ 30:03 167e</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/alzu-arrive.jpg" alt="Des traileurs marchant de nuit, leurs frontales éclairant le chemin sur un sentier accidenté."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Quand j’atteins le ravito d’Alzu, je trouve immédiatement une place dans un des fauteuils de camping et je m’emmitoufle dans deux couvertures fournies par les bénévoles. Même bien emmitouflé, impossible d’arrêter de trembler. Le froid semble me transpercer jusqu’aux os. À ce moment-là, une vague de doute me submerge : j’ai déjà couvert 100 kilomètres, il ne reste que 10 kilomètres entre moi et l’arrivée, mais mon corps donne soudain l’impression de pouvoir lâcher. Je me demande sérieusement si je ne vais pas devoir abandonner la course, juste avant la fin.</p>
<p>Je repense aux petites douleurs musculaires que j’ai eues toute la nuit : rien de trop grave, mais pas franchement idéal non plus. La pensée me traverse l’esprit : je ne veux pas risquer de me mettre en danger, et si les frissons ne s’arrêtent pas, je n’aurai peut-être pas d’autre choix que de m’arrêter ici. Si c’est le prix de la sécurité, je le ferai.</p>
<p>Assis là, je vois le ciel commencer à s’éclaircir et les premiers rayons du lever de soleil. Il est 5 h du matin. Je me tourne vers Dominik et l’autre gars qui a fait la montée avec nous et je leur dis honnêtement : « Écoutez, les gars, je ne peux pas continuer pour l’instant. Partez sans moi. Je vais attendre ici que le soleil monte un peu et que ça se réchauffe. Je vais peut-être me reposer une heure, mais ça n’a pas de sens de repartir tant que je tremble encore. » Ils hochent la tête, me souhaitent bonne chance et repartent sans moi.</p>
<p>Resté seul, je regarde mon téléphone et je vois un message des organisateurs de la course sur WhatsApp : « Ah, M. Picard, où êtes-vous ? Nous ne vous trouvons pas, etc. Avez-vous abandonné ? Merci de nous informer au plus vite. » Je suis perplexe, qu’est-ce qui se passe ? Il s’avère que mon dossard n’a été enregistré à aucun pointage depuis Inzecche, c’est-à-dire avant Manganu et avant la montée vers la brèche de Capitellu. Ça fait des heures que ma puce n’a pas été scannée, donc pour les organisateurs, j’aurais très bien pu abandonner dès Inzecche, vers 19 h 30.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/msg-whatsapp.jpg" alt="Un message WhatsApp."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>J’explique : « Mais je suis là. » Un des bénévoles a vent de la situation, attrape sa radio et annonce : « Oui, le dossard 464 est ici. » Mon dossard est accroché à ma ceinture, donc je le lui tends pour confirmation. La conversation devient surréaliste : à la radio, ils insistent qu’ils ne m’ont pas vu depuis Inzecche. Quelqu’un dit : « Il a abandonné. » Le bénévole proteste : « Non, il est là, devant moi. Dossard 464, présent et vérifié. Il n’a pas abandonné. » S’ensuivent d’autres échanges avec l’accent corse : « Dis-lui de sortir ses flasques ; parfois le dossard prend l’humidité et arrête de fonctionner. » Le bénévole confirme : « J’ai le dossard en main, il n’y a aucune flasque dessus. » On rigole tous un peu de la situation. Finalement, l’explication la plus logique est que la pluie après Ciattarinu a affecté ma puce et l’a empêchée de s’enregistrer correctement. Au moins, le malentendu finit par se dissiper.</p>
<p>Pendant ce temps, j’ai toujours froid, je sirote du thé glacé, détendu sous les couvertures, en pesant le pour et le contre. Est-ce que j’essaie de dormir un peu ? Mais avec seulement 10 kilomètres restants, j’ai peur de ne pas me réveiller à temps pour finir. La barrière horaire est à 23 h, et il n’est que 5 h du matin, mais je ne veux pas risquer de rater la fin. Je me répète : « Je ne vais pas abandonner. Au pire, je fais une longue pause et je repars. » Mais au fond de moi, je sais que je veux finir le plus vite possible, pas juste me reposer là, aux portes de l’arrivée.</p>
<p>À ce moment-là, je me retrouve assis au ravito, toujours grelottant, en 167e position. Je suis en mouvement depuis 30 heures, j’ai couvert 100 kilomètres et grimpé plus de 7 000 mètres de dénivelé positif. Dominik est déjà reparti devant. Alors que je suis là, emmitouflé, devine qui apparaît : Xavi, et cette fois, il n’est pas seul. Il est accompagné de ses deux amis. À leur arrivée, je comprends vite que ses amis ne sont pas des participants ; ils sont espagnols eux aussi mais vivent en Corse, et ils étaient montés retrouver Xavi à Grotelle pour l’accompagner sur les deux dernières étapes. D’un coup, tout s’explique : pas étonnant que Xavi ait fait demi-tour plus tôt sur le sentier pour retrouver ses copains.</p>
<p>Le trio atteint le ravito, et ses deux amis, qui parlent français, engagent vite la conversation avec moi. L’un d’eux, voyant que j’ai encore froid, me propose une veste bien chaude. Je l’enfile avec gratitude et je sens vite la chaleur revenir. C’est un geste fantastique, et retrouver Xavi, mon compagnon de route, me remonte clairement le moral. Regonflé à bloc et avec ma nouvelle équipe, je décide qu’il est temps de repartir.</p>
<p>À peu près au même moment, je suis soulagé que l’histoire du dossard soit enfin réglée. J’étais un peu inquiet parce que je savais que ma famille suivait ma progression, d’autant que je leur avais dit que je finirais en 30 heures maximum, et qu’ils n’avaient pas vu de mise à jour depuis un bon moment. Maintenant que j’avais du réseau, j’ai envoyé un message rapide sur WhatsApp pour les rassurer : tout allait bien, et j’étais reparti.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/alzu.jpg" alt="Deux traileurs portant des frontales et des gilets d'hydratation prennent un selfie au lever ou au coucher du soleil dans un paysage montagneux, avec un terrain herbeux et des arbres en arrière-plan.odo"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>On est repartis dans ce qui est devenu mon deuxième magnifique lever de soleil de la course, juste au moment d’entamer la descente depuis Alzu. La descente vers Corte commence raide puis s’adoucit, s’étirant sur 10 kilomètres en avalant 1 300 mètres de dénivelé à travers des bois paisibles. J’ai suivi le rythme de Xavi et de ses deux amis, qui dévalaient littéralement le sentier. Je ne sais pas comment, mais j’ai réussi à rester avec eux, alors que je n’avais quasiment pas couru sur les 60 derniers kilomètres, porté par leur énergie et l’excitation de l’arrivée toute proche.</p>
<p>On filait en descente, en faisant de beaux progrès, et à un moment j’ai même dépassé Dominik grâce au rythme de course de notre groupe. Je me suis forcé à trottiner aussi souvent et aussi vite que possible, en me répétant : « Allez, plus que quelques kilomètres », l’adrénaline alimentant chaque pas vers cette ligne d’arrivée tant attendue.</p>
<p>À ce moment-là, je commence à avoir ce que j’appellerais des décalages visuels, une sorte de perception déformée. Je n’irais pas jusqu’à parler d’hallucinations, mais mon esprit commence clairement à me jouer des tours. Par exemple, je repère un rocher devant moi, et mon cerveau épuisé insiste immédiatement : c’est une cabane. Au fond de moi, je sais que ce n’est pas une cabane, je suis conscient de ma fatigue extrême, mais cette partie automatique de mon esprit en est convaincue. Pour me prouver que ce n’est qu’un rocher, je dois fixer l’objet, analyser ses détails et consciemment reprendre le dessus sur mon esprit fatigué. Ce genre d’effort mental, ramener la réalité au point, devient vite épuisant en soi.</p>
<p>À ce stade, ça arrive constamment : des formes dans les arbres se mettent à ressembler à des animaux, de simples troncs semblent se transformer en créatures étranges. Même si je sais rationnellement que ces choses n’existent pas, l’expérience reste étrangement déstabilisante, et il faut une vraie concentration pour ignorer les illusions. Cette bataille permanente pour convaincre mon cerveau de ce qui est réel me vide à l’approche des derniers kilomètres. Xavi et ses amis sont loin devant, je n’ai pas pu suivre leur rythme.</p>
<p>J’essaie de continuer à trottiner, mais mon allure est péniblement lente. Dominik, qui m’avait de nouveau rattrapé, me dépasse en lançant : « J’ai mal partout, mais je veux juste finir, je veux rentrer chez moi, je veux que ça se termine, alors je vais courir quoi qu’il arrive. » Inspiré, j’essaie de l’imiter, de me forcer à courir et à surmonter la douleur, mais mon corps refuse tout net.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/corte-descente.jpg" alt="Un traileur portant une casquette et un gilet d'hydratation trottine sur un sentier étroit et rocailleux à travers une forêt dense aux grands arbres et à la végétation abondante."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>On finit par atteindre une zone toute proche de Corte, un coin bien connu des randonneurs, sur le Mare a Mare Nord. Le sentier grouille maintenant de traileurs du coin, sortis pour leur footing habituel du samedi matin. Ils nous encouragent : « Allez, vous y êtes presque, plus que 2 ou 3 kilomètres ! » Je les salue d’un pouce levé, mais dans ma tête, je pense : « Les gars, arrêtez de me dire qu’il ne reste que 2 kilomètres, je sais que c’est faux, et honnêtement, même ces 2 derniers kilomètres me paraissent interminables là tout de suite. » Quoi qu’il en soit, tout ce que je peux faire, c’est continuer à avancer, parce qu’à ce stade, c’est tout ce qui compte : continuer, pas après pas.</p>
<p>En tout cas, les encouragements de tous ceux que je croise me remontent vraiment le moral ; tout au long de ces derniers kilomètres, les gens me lancent des mots de soutien, et ça me réchauffe sincèrement le cœur. Malgré ça, la marche vers l’arrivée semble s’éterniser. Le sentier ondule entre petites montées et petites descentes, rien d’énorme, à peine 160 mètres de dénivelé positif répartis sur les dix derniers kilomètres, mais après une telle distance, chaque petite montée devient une montagne et chaque descente met les jambes fatiguées à l’épreuve.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/corte-fin.jpg" alt="Traileur portant une casquette blanche et un dossard courant en montée sur un sentier rocailleux entouré d'une végétation verte et dense."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>En approchant de l’arrivée, je n’arrive toujours pas vraiment à y croire : je vais y arriver, pour de vrai. On atteint les abords de la ville ; des bénévoles bordent le parcours en applaudissant, et des gens installés aux terrasses des cafés nous encouragent, donnant à l’ambiance un air de fête. Le chemin devient plus facile, et avec ce regain d’énergie (peut-être juste de l’adrénaline pure), je me surprends à me remettre à courir. Je cours dans les rues, porté par une nouvelle vague d’énergie et d’excitation.</p>
<p>Enfin, je vois l’arche d’arrivée apparaître. La fin est là, juste devant, alors je puise dans mes réserves et j’accélère : peut-être que je sprinte à 12 km/h, peut-être moins, tous les détails se mélangent. Je passe sous l’arche, j’entends le speaker annoncer mon nom, et en franchissant la ligne, le sentiment est un pur et immense soulagement. Je ne peux pas m’empêcher de hurler de joie, je suis tellement heureux. Je l’ai fait ! En 34 heures, enfin, 33 heures et 52 minutes, je termine à la 173e place. Le sentiment d’accomplissement est incroyable. C’était vraiment une expérience extraordinaire.</p>
<h2>Corte, samedi 08:52, 112 km 7128 m+ 33:52 173e</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/utc/corte-arrive.jpg" alt="Un traileur franchit la ligne d'arrivée d'une course UTMB World Series dans une rue de ville, avec des banderoles, des spectateurs et la signalétique de l'événement visibles sur les barrières et l'arche."  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>À peine arrivé, je repense à ce qu’on m’avait dit à Alzu : la puce de mon dossard était cassée. Malgré tout, je récupère ma médaille de finisher, mon t-shirt de course, et je savoure le moment. Après ça, je file directement voir les organisateurs pour expliquer : « Écoutez, la puce de mon dossard ne fonctionne pas. » Ils notent mon arrivée manuellement, en relevant mon temps et mes informations, ce qui rend mon résultat officiel, juste pas suivi par la puce. Le seul bémol ? Je n’ai pas droit à la classique vidéo d’arrivée, puisque le temps ne s’est pas enregistré exactement au moment où je franchissais la ligne : tout dépend de la puce. Mais franchement, après cette aventure, ça paraît être un détail insignifiant.</p>
<p>Sur la zone d’arrivée, j’aperçois Dominik en train de siroter un Coca, Xavi qui fête ça avec ses amis ; c’est génial de voir tout le monde là, à partager cet accomplissement. Toute l’expérience est vraiment exceptionnelle. C’était ma toute première course de 100 miles, et elle m’a offert un vrai retour à la réalité. J’y étais allé en pensant finir en 26 ou 27 heures, 30 grand maximum, mais j’ai fini par mettre 34 heures, en marchant une bonne partie du temps. Peu importe : c’était une aventure incroyable, et je sais que je reviendrai, avec l’ambition de courir un peu plus la prochaine fois.</p>
<p>Quelques jours plus tard à l’aéroport, comme pour remettre tout ça en perspective, je tombe sur Lars, le coureur belge. Il me raconte qu’il a fini une vingtaine de courses de 100 kilomètres différentes, et qu’il a même déjà terminé l’UTMB. Son avis sur cette épreuve est rassurant : il me dit que cette course sort vraiment du lot, qu’elle était plus difficile que la plupart à cause de son terrain technique et impitoyable. « Extrêmement dure et compliquée à courir », dit-il, « surtout pour un premier 100 miles. » En entendant ça, je réalise à quel point je peux être fier d’avoir terminé une course aussi exigeante…</p>
<p>Rendez-vous en Slovénie pour mon prochain 100 miles !</p>
<table>
<thead>
<tr>
<th>Pointage</th>
<th>km</th>
<th>Altitude</th>
<th>Classement</th>
<th>Passage</th>
<th>Temps écoulé</th>
<th>Dénivelé cumulé</th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td>Corte</td>
<td>0 km</td>
<td>428 m</td>
<td>–</td>
<td>jeu. 22:59</td>
<td>0:00:00</td>
<td>0 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>E Padule</td>
<td>7 km</td>
<td>1632 m</td>
<td>218</td>
<td>ven. 00:57</td>
<td>1:57:51</td>
<td>1316 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Boniacce</td>
<td>14.8 km</td>
<td>1571 m</td>
<td>186 (+32)</td>
<td>ven. 01:59</td>
<td>2:59:29</td>
<td>1704 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Calacuccia</td>
<td>33 km</td>
<td>878 m</td>
<td>167 (+19)</td>
<td>ven. 05:14</td>
<td>6:14:11</td>
<td>2366 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Bocca Cruccette</td>
<td>44.5 km</td>
<td>2454 m</td>
<td>159 (+8)</td>
<td>ven. 08:58</td>
<td>9:58:03</td>
<td>4154 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Ballone</td>
<td>48 km</td>
<td>1460 m</td>
<td>155 (+4)</td>
<td>ven. 10:18</td>
<td>11:18:23</td>
<td>4154 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Ciottulu di i Mori</td>
<td>53.5 km</td>
<td>1992 m</td>
<td>176 (−21)</td>
<td>ven. 12:44</td>
<td>13:44:31</td>
<td>4860 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Ciattarinu</td>
<td>60.1 km</td>
<td>1316 m</td>
<td>189 (−13)</td>
<td>ven. 14:30</td>
<td>15:30:40</td>
<td>4905 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Inzecche</td>
<td>74.4 km</td>
<td>1768 m</td>
<td>177 (+12)</td>
<td>ven. 19:33</td>
<td>20:33:33</td>
<td>5518 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Bocca a Soglia</td>
<td>84.7 km</td>
<td>1975 m</td>
<td>177</td>
<td>sam. 00:06</td>
<td>25:06:35</td>
<td>6233 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>E Grotelle</td>
<td>88.6 km</td>
<td>1387 m</td>
<td>176 (+1)</td>
<td>sam. 01:29</td>
<td>26:29:57</td>
<td>6241 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Alzu</td>
<td>98.8 km</td>
<td>1586 m</td>
<td>167 (+10)</td>
<td>sam. 05:03</td>
<td>30:03:50</td>
<td>6969 m+</td>
</tr>
<tr>
<td>Corte</td>
<td>111.6 km</td>
<td>450 m</td>
<td>173 (−6)</td>
<td>sam. 08:52</td>
<td>33:52:57</td>
<td>7128 m+</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</content>
      <summary type="text">Alors, comme tu le sais, j'adore le trail. Au fil des années, j'ai fait pas mal de randos en fast-packing, comme le GR20, le GR54 et d'autres, tu peux lire ces aventures ailleurs sur mon blog. Mais l'année dernière, en 2024, quelque chose a changé : j'ai décidé de faire le tour du Mont Blanc. Tout e</summary>
      <link href="https://simonmyway.com/fr/blog/ultra-trail-di-corsica-mon-premier-100-miles" rel="alternate"/>
      <id>https://simonmyway.com/fr/blog/ultra-trail-di-corsica-mon-premier-100-miles</id>
      <published>2025-07-20T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2025-07-20T00:00:00.000Z</updated>
      <category term="blog"/>
      <author>
        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
      </author>
    </entry>
  
    <entry>
      <title>Vibe coding : migrer ce blog d'Express vers Next.js avec l'aide d'un LLM</title>
      <content type="html"><h1>Vibe coding : migrer ce blog d’Express vers Next.js avec l’aide d’un LLM</h1>
<p>Si tu suis mes articles, tu sais que j’ai créé ce site il y a trois ans pour apprendre à programmer en JavaScript.
À l’époque, j’avais suivi un tutoriel Express.js et je l’avais appliqué pour construire ce site.
Bien que fonctionnel, Express.js est relativement dépassé face aux frameworks modernes qui facilitent la vie des développeurs.
J’en ai fait l’expérience directe en construisant <a href="https://www.urbanex.be">Urbanex</a> avec Next.js et React : l’expérience de développement était bien plus agréable.
Le routing intégré de Next.js, le rendu côté serveur et l’architecture par composants rendent le développement plus fluide et plus intuitif.
De plus, Next.js offre une meilleure navigation et de meilleures performances par défaut, sans configuration supplémentaire ni bibliothèques tierces.
Cela dit, la raison principale qui m’a poussé à migrer ce blog vers Next.js, c’était de pouvoir l’héberger gratuitement sur Vercel, contre les 7 $/mois que je payais sur Heroku pour la version Express.</p>
<h2>Le code assisté par LLM : un vrai game changer</h2>
<p>Quand j’ai créé ce site, on était à l’ère de GPT-3, et le code assisté par LLM n’était pas encore répandu, en tout cas pas pour moi ni mes collègues.
Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire : j’utilise des LLM au quotidien via Cursor pour coder, et ça a transformé ma façon d’aborder les tâches de développement.
Ma première étape pour migrer le site a été d’ouvrir la fenêtre de prompt et de taper :</p>
<pre><code style="color: #abb2bf; background: #282c34; display: block; overflow-x: auto; padding: 1em; padding: 3px 5px; white-space: pre-wrap; word-wrap: break-word">I want you to convert this whole project into next js + tailwind
</code></pre>
<p>Avec sa dernière mise à jour, Cursor propose désormais un mode « agentique » d’interaction avec le LLM, qui analyse automatiquement la base de code et ajoute les fichiers pertinents du projet à son contexte.
C’est une amélioration considérable par rapport au copier-coller manuel de code, qui rend le code assisté par LLM (ou le vibe coding ?) beaucoup moins fastidieux.
Le LLM a créé un projet Next.js avec des routes de base et une intégration Tailwind standard.
Voici sa première implémentation de la page blog, qui sert de page d’accueil à ce site :</p>
<pre><code style="color: #abb2bf; background: #282c34; display: block; overflow-x: auto; padding: 1em; padding: 3px 5px"><span style="color: #c678dd">import</span> <span style="color: #61aeee">React</span> <span style="color: #c678dd">from</span> <span style="color: #98c379">&quot;react&quot;</span>;
<span style="color: #c678dd">import</span> <span style="color: #61aeee">Link</span> <span style="color: #c678dd">from</span> <span style="color: #98c379">&quot;next/link&quot;</span>;

<span style="color: #c678dd">export</span> <span style="color: #c678dd">default</span> <span style="color: #c678dd">function</span> <span style="color: #61aeee">BlogPage</span>(<span style=""></span>) {
  <span style="color: #c678dd">return</span> (
    <span style=""><span style="">&lt;<span style="color: #e06c75">main</span> <span style="color: #d19a66">className</span>=<span style="color: #98c379">&quot;min-h-screen p-8 max-w-4xl mx-auto&quot;</span>&gt;</span>
      <span style="">&lt;<span style="color: #e06c75">h1</span> <span style="color: #d19a66">className</span>=<span style="color: #98c379">&quot;text-4xl font-bold mb-8&quot;</span>&gt;</span>Blog<span style="">&lt;/<span style="color: #e06c75">h1</span>&gt;</span>
      <span style="">&lt;<span style="color: #e06c75">div</span> <span style="color: #d19a66">className</span>=<span style="color: #98c379">&quot;space-y-4&quot;</span>&gt;</span>
        {/* Blog posts will be listed here */}
        <span style="">&lt;<span style="color: #e06c75">p</span> <span style="color: #d19a66">className</span>=<span style="color: #98c379">&quot;text-gray-600&quot;</span>&gt;</span>Coming soon...<span style="">&lt;/<span style="color: #e06c75">p</span>&gt;</span>
      <span style="">&lt;/<span style="color: #e06c75">div</span>&gt;</span>
    <span style="">&lt;/<span style="color: #e06c75">main</span>&gt;</span></span>
  );
}
</code></pre>
<p>J’ai donc dû enchaîner avec (oui, fautes de frappe comprises) :</p>
<pre><code style="color: #abb2bf; background: #282c34; display: block; overflow-x: auto; padding: 1em; padding: 3px 5px; white-space: pre-wrap; word-wrap: break-word">now find a way to include all my blog posts, they are MD, display them, also each blog post as a title that should be listed on the index
</code></pre>
<p>Le LLM m’a suggéré d’installer <code>npm install gray-matter react-markdown</code> et a écrit des fonctions utilitaires pour parser mes articles de blog rédigés dans des fichiers markdown statiques.</p>
<p>Pendant qu’il codait, l’agent de Cursor corrigeait souvent les erreurs automatiquement grâce à son intégration avec le linter.
L’agent récupère et traite les problèmes de manière proactive, ce qui est bien plus agréable que de lancer le code à la main, tomber sur des erreurs et devoir les copier-coller pour déboguer.</p>
<p>Comme je faisais tourner le site en local, je profitais d’un aperçu en direct des résultats pendant que l’agent codait.
C’était particulièrement satisfaisant, car je travaille habituellement en data/analytics/ingénierie cloud plutôt qu’en développement frontend, où je n’ai pas ce genre de feedback immédiat.
Avec le développement web, l’impact du LLM est très tangible.</p>
<h2>Les limites et les leçons apprises</h2>
<p>Même si je code plus efficacement avec l’aide d’un LLM, je suis bien content de pouvoir comprendre ce qu’il fait pour effectuer des contrôles de qualité.
Par exemple, j’ai rencontré un problème de style et j’ai remarqué que le LLM avait utilisé une version obsolète de Tailwind.
Je l’ai mise à jour manuellement vers la dernière version.
Comme Tailwind 4.0 n’est sorti qu’en début d’année, avec seulement quatre mois d’existence, les LLM n’ont pas beaucoup d’exemples de son implémentation dans leurs données d’entraînement.</p>
<p>Par ailleurs, le LLM avait souvent tendance à corriger et coder avec une vision purement locale.
En tant qu’ingénieur, je sentais quand il s’enfonçait dans un terrier de lapin, en se concentrant sur les symptômes ou en évitant l’abstraction/la modularité nécessaire.
Par exemple, j’ai utilisé ce prompt :</p>
<pre><code style="color: #abb2bf; background: #282c34; display: block; overflow-x: auto; padding: 1em; padding: 3px 5px; white-space: pre-wrap; word-wrap: break-word">analyse the page and see how they all have some kind of title in a first div with some styling (lighter bg) then a main content.
shoud this be refactored so that this styling is defined once? using a comopnent or so?
</code></pre>
<p>En m’appuyant sur mon expérience avec Next.js, j’ai pu guider le LLM dans la bonne direction, et son résultat était satisfaisant.
Les LLM sont des outils puissants, mais ils donnent le meilleur d’eux-mêmes lorsqu’ils sont associés à l’expertise et à l’intuition humaines.</p>
<p>Mon expérience du code assisté par LLM va au-delà de cette migration, et je peux affirmer avec certitude qu’il n’est pas aussi efficace avec toutes les technologies.
Par exemple, il a beaucoup galéré avec la création de Dockerfiles, en commettant de nombreuses erreurs.
Cela met en lumière un point important : les LLM excellent dans les tâches aux patterns clairs et aux exemples abondants dans leurs données d’entraînement, mais ils peuvent peiner face à des défis techniques plus complexes ou de niche.</p>
<h2>Alors, tout le monde peut vibe coder sa prochaine startup ?</h2>
<p>Si c’est une simple web app Next.js, peut-être.
Mais voici ce que j’ai appris de cette expérience :</p>
<ol>
<li><strong>Connais tes outils</strong> : comprendre la technologie sous-jacente est crucial.
Les LLM peuvent t’aider à coder plus vite, mais ils ne remplacent pas les connaissances fondamentales.</li>
<li><strong>Contrôle qualité</strong> : relis et comprends toujours le code généré par les LLM.
Ils peuvent faire des erreurs ou suggérer des solutions sous-optimales.</li>
<li><strong>Développement itératif</strong> : utilise les LLM dans le cadre d’un processus itératif.
Commence par une implémentation basique, puis affine et améliore-la.</li>
<li><strong>Expertise métier</strong> : plus tu connais une technologie, mieux tu peux guider le LLM et évaluer ses suggestions.</li>
</ol>
<p>Cela rejoint mon impression générale sur l’utilité des LLM : ils font ce que je sais déjà faire, et me rendent plus rapide et plus efficace.
S’il y a une erreur, je peux la corriger parce que je comprends les concepts sous-jacents.
Je ne fais pas aveuglément confiance aux LLM au point d’être à l’aise avec des résultats que je ne comprendrais pas faute de compétences.
Peut-être un jour, mais pour l’instant, ce sont mes connaissances en programmation qui rendent les LLM vraiment précieux pour moi.</p>
<p>Au final, je m’estime chanceux d’avoir appris et pratiqué la programmation avant l’ère des LLM.
Ce parcours traditionnel m’a apporté une compréhension profonde des concepts de programmation, des techniques de débogage et de l’architecture des systèmes, sur laquelle je m’appuie au quotidien.
Des années d’expérience pratique m’ont donné l’intuition pour repérer les problèmes potentiels et la capacité de raisonner sur des problèmes complexes à partir des premiers principes.
Cette base me permet d’évaluer de manière critique le code généré par les LLM, d’identifier les problèmes potentiels et de comprendre le « pourquoi » derrière certaines implémentations.
En parallèle, j’ai la chance de travailler pendant cette transition technologique, où je peux m’appuyer sur les LLM pour accélérer mon workflow tout en appliquant mon expertise.
Cette combinaison de connaissances traditionnelles en programmation et d’outils d’IA modernes me rend plus efficace dans mon travail.</p>
<p>Je vois aussi une grande valeur dans l’amélioration de l’UX assistée par LLM, comme le fait Cursor.
J’ai hâte de voir un bon client mail avec un agent LLM intégré, qui gérerait la planification de réunions ou rédigerait des brouillons de réponses pour les emails de corvées !</p>
</content>
      <summary type="text">Si tu suis mes articles, tu sais que j'ai créé ce site il y a trois ans pour apprendre à programmer en JavaScript. À l'époque, j'avais suivi un tutoriel Express.js et je l'avais appliqué pour construire ce site. Bien que fonctionnel, Express.js est relativement dépassé face aux frameworks modernes q</summary>
      <link href="https://simonmyway.com/fr/blog/vibe-coding-migrer-ce-blog-dexpress-vers-nextjs-avec-laide-dun-llm" rel="alternate"/>
      <id>https://simonmyway.com/fr/blog/vibe-coding-migrer-ce-blog-dexpress-vers-nextjs-avec-laide-dun-llm</id>
      <published>2025-05-03T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2025-05-03T00:00:00.000Z</updated>
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        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
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    <entry>
      <title>Permis d'urbanisme à Bruxelles : Anderlecht le plus lent, Boitsfort le plus rapide</title>
      <content type="html"><h1>Permis d’urbanisme à Bruxelles : Anderlecht le plus lent, Boitsfort le plus rapide</h1>
<p>Au printemps dernier, j’ai eu l’incroyable opportunité de participer à Entrepreneur First, l’incubateur de startups basé à Londres. L’expérience a été assez extraordinaire : elle m’a permis de rencontrer de nombreux esprits brillants et d’approfondir ma compréhension de l’innovation. Pour quiconque est curieux de goûter à l’atmosphère de cet environnement entrepreneurial unique, je recommande l’article <a href="https://highleverage.substack.com/p/inside-entrepreneur-first-a-survival">Inside Entrepreneur First: a survival guide for the world’s most exclusive talent accelerator</a>.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/ef_simon.png" alt="Simon chez EF"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Après trois mois passés dans l’incubateur, je me suis retrouvé sur un chemin inattendu. Malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à trouver le bon cofondateur avec qui partager une vision commune. J’ai donc fait le choix de rentrer à Bruxelles. Après une période intensive de customer development, de brainstorming et de discussions d’idées, j’avais envie de productivité pragmatique et de construire quelque chose de tangible.</p>
<p>J’ai dirigé mon énergie vers un sujet qui m’intriguait depuis longtemps : le paysage immobilier bruxellois, principalement en raison de mon implication dans plusieurs projets liés à ce domaine. S’occuper d’un bien immobilier à Bruxelles, c’est se confronter aux subtilités de l’urbanisme. Si tu veux rénover un bâtiment, tu dois obtenir un permis d’urbanisme en présentant le projet à la commune concernée pour approbation. Point fondamental : les travaux ne peuvent pas commencer sans ce permis.</p>
<p>Pour faciliter ce processus, Bruxelles a lancé un portail d’exploration des permis, <a href="https://openpermits.brussels/">OpenPermits.brussels</a>, alimenté par une <a href="https://openpermits.brussels/fr/about">API publique</a>. Mais il lui manquait certains éléments que je recherchais. C’est ainsi qu’est né <a href="https://urbanex.be/">Urbanex</a> : compléter le portail public des permis avec des fonctionnalités avancées, pour enrichir l’expérience de l’utilisateur.</p>
<h2>Un aperçu des délais de délivrance des permis</h2>
<p>La procédure de demande de permis prévoit un délai précis dans lequel l’autorité en charge doit communiquer sa décision — c’est ce qu’on appelle le délai de délivrance (lead time). Ayant moi-même récemment introduit une demande de permis de rénovation, je voulais savoir si ces délais étaient respectés.</p>
<p>Une métrique utile pour l’évaluer est l’« écart de délai » : la différence entre la durée prévue et la durée réelle. Le graphique ci-dessous montre la moyenne glissante sur un an de l’écart de délai des permis.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/permit_count_and_lt_deviation_over_time.svg" alt="Moyenne glissante annuelle de l'écart de délai des permis"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Quel parcours ! Bruxelles accusait autrefois près d’un an de retard, mais délivre désormais les permis avant même leur échéance. Le volume total de permis introduits est resté assez stable, sauf pendant la période COVID. Cependant, un changement brutal semble s’être produit fin 2020, comme on le voit sur le graphique. Si les communes ont probablement amélioré leurs processus, une autre façon d’éviter de dépasser les échéances est de les allonger. Explorons leur évolution.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/permit_count_expected_lt.svg" alt="Proportions des délais de délivrance des permis"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Alors que les principaux délais étaient de 45, 75, 90 et 120 jours jusqu’en 2019, ils sont passés à 75, 90, 160 et 190 jours depuis 2021. La transition a eu lieu en 2020, au même moment que le changement brutal de l’écart de délai moyen. Le gouvernement a vraisemblablement allongé les délais des permis. Les permis qui duraient 45 jours en prennent désormais 75, et ceux qui étaient à l’origine de 120 jours ont été portés à 160 ou 190 jours.</p>
<p>Pour apprécier l’efficacité de chaque commune, j’ai comparé le nombre de jours d’avance sur l’échéance avec lequel elles parvenaient à rendre leur décision. En effet, chacune des 19 communes bruxelloises gère ses propres permis. Pour cette analyse, nous nous concentrerons sur les données de l’année écoulée.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/mean_pre_notice_muni.svg" alt="Nombre moyen de jours d'avance sur l'échéance de la décision, par commune"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Il est impressionnant de constater que toutes les communes délivrent leurs permis avant l’échéance. Watermael-Boitsfort, la commune la plus efficace, rend sa décision en moyenne 70 jours avant l’échéance, c’est-à-dire qu’elle enverra en moyenne sa décision de permis plus de deux mois avant la date limite. Il faut toutefois garder à l’esprit que les différents permis ont des délais prévus différents. Décomposons cela selon les délais réglementaires.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/mean_lt_dev_muni_expected_ld.svg" alt="Nombre moyen de jours d'avance sur l'échéance de la décision, par commune et par délai prévu"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Ainsi, si tu introduis un permis à 160 jours à Saint-Gilles, tu peux t’attendre à une réponse presque trois mois avant l’échéance. En revanche, s’il s’agit d’un permis à 90 jours à Uccle, il faut compter 3 jours de retard.</p>
<h2>Mon expérience personnelle : l’inspiration derrière Urbanex</h2>
<p>Alors pourquoi avoir construit <a href="https://urbanex.be">Urbanex</a>, puisque <a href="https://openpermits.brussels/">OpenPermits</a> existe ? Tout part d’une expérience personnelle.</p>
<h3>Urbanex est une archive en ligne des permis d’urbanisme</h3>
<p>Il y a quelques années, j’ai acheté un studio neuf à Bruxelles. En emménageant, j’ai remarqué que la façade était dépourvue de la végétation prévue. Pour confirmer ce qui était censé figurer sur la façade, j’ai décidé de consulter les plans du bâtiment. Pour retrouver ces plans, j’ai dû :</p>
<ul>
<li>Prendre rendez-vous avec la commune, ce qui pouvait prendre jusqu’à 2–3 semaines.</li>
<li>Me rendre à la maison communale pour rencontrer l’agent qui avait accès aux archives papier du permis, y compris ses plans originaux.</li>
<li>Consulter les archives, identifier les documents pertinents et les scanner</li>
</ul>
<p>L’ensemble de la démarche m’a coûté 10 € pour la consultation initiale, puis 15 € supplémentaires par scan. J’ai fini par obtenir deux plans, portant la dépense totale à 40 €. Cet effort a confirmé mon soupçon : la façade devait bien être ornée de végétation.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/plan_facade.png" alt="Plan de la façade"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Bien que la voie traditionnelle m’ait finalement fourni l’information dont j’avais besoin, elle était chronophage et quelque peu désuète, d’autant plus que les documents de permis sont généralement soumis par voie électronique de nos jours. Par ailleurs, lorsqu’un permis est introduit, les documents associés passent par une période d’enquête publique, permettant à chacun de les consulter et de donner son avis.</p>
<p>Cependant, une fois cette période de consultation terminée, l’accès à ces documents devient limité, les archives n’existant généralement que sous forme papier à la commune. Si j’avais conservé les plans nécessaires au moment où mon propre appartement passait par cette phase de consultation, la pénible visite à ma commune aurait été inutile.</p>
<p>Cela m’a fait prendre conscience que les documents soumis par voie électronique devraient rester facilement accessibles même après la période d’enquête publique.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/urbanex_documents.png" alt="Une liste de documents sur Urbanex"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Pour combler cette lacune, <a href="https://urbanex.be">Urbanex</a> garantit désormais que ces documents sont facilement disponibles, archivés numériquement, et consultables à tout moment, depuis n’importe où, sans rendez-vous. Naviguer dans l’urbanisme bruxellois vient de devenir beaucoup plus simple.</p>
<h3>Quand l’IA rencontre l’urbanisme</h3>
<p>Ensuite, je me suis lancé dans la rénovation de la maison de ma grand-mère : je comptais transformer le grenier en espace habitable, en créant un duplex au dernier étage. Mes architectes m’ont toutefois mis en garde contre les répercussions potentielles de ce type de transformation. De tels changements augmentent considérablement le volume bâti et la densité du quartier, ce qui peut susciter des réserves de la part de la commune, surtout si ce n’est pas exécuté avec soin. Le dilemme auquel j’étais confronté : abandonner mon rêve de duplex ou risquer un refus de permis.</p>
<p>À ce moment-là, j’aurais aimé pouvoir consulter les permis déjà approuvés par la commune, en particulier pour des projets similaires de rehausse de toiture. Avec accès à cette information, j’aurais pu mieux comprendre la position de l’autorité locale sur ce genre de transformations. Chaque demande de permis comporte généralement une brève description de son objet. S’il existait un moyen de filtrer et de rechercher dans ces descriptions, ce serait idéal…</p>
<p>C’est exactement ce que j’ai construit.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/anderlecht-slowest-boitsfort-fastest-permit-delivery-wise/urbanex_project_ref.png" alt="Une recherche par projet sur Urbanex"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>En exploitant la puissance de l’intelligence artificielle, j’ai rendu possible pour les utilisateurs de saisir des descriptions dans <a href="https://urbanex.be">Urbanex</a> et de filtrer les résultats selon leurs besoins particuliers. Imaginons que tu projettes de construire une piscine dans ton jardin : avec Urbanex, tu peux vérifier combien de projets similaires ont été acceptés ou refusés près de chez toi. Cette fonctionnalité offre une meilleure compréhension de la faisabilité de ton projet, et peut te faire gagner du temps et de l’énergie lors de ta demande de permis.</p>
<h2>Un océan d’opportunités</h2>
<p>L’aventure de la création d’<a href="https://urbanex.be">Urbanex</a> a été passionnante. Pour moi, c’est une nouvelle occasion de pratiquer le développement web, avec Next.js cette fois ! Et, au final, de créer l’interface entre les outils d’IA et l’utilisateur. J’ai encore beaucoup d’idées sur la valeur que l’IA peut apporter à cette planification des permis ; j’aspire même, un jour, à concevoir un outil capable de prédire l’issue d’une demande de permis.</p>
<p>J’espère qu’Urbanex te sera aussi utile qu’il l’aurait été pour moi. Tous les retours sont les bienvenus.</p>
</content>
      <summary type="text">Au printemps dernier, j'ai eu l'incroyable opportunité de participer à Entrepreneur First, l'incubateur de startups basé à Londres. L'expérience a été assez extraordinaire : elle m'a permis de rencontrer de nombreux esprits brillants et d'approfondir ma compréhension de l'innovation. Pour quiconque </summary>
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      <published>2023-08-29T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2023-08-29T00:00:00.000Z</updated>
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        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
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      <title>Envie de te mettre au trail ?</title>
      <content type="html"><h1>Envie de te mettre au trail ?</h1>
<p>Ces dernières années, j’ai accumulé pas mal d’expérience en trail. Ou en fastpacking. Ou en trek ultra-léger. Appelle ça comme tu veux, moi je décris ça comme partir en randonnée à un rythme plus soutenu que la normale. La preuve :</p>
<ul>
<li>En 2020, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=TsvvGoqfsj4">j’ai parcouru le GR20 en solo en 6 jours</a>, Corse, France</li>
<li>En 2021, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=z__MWA05t6Y">j’ai bouclé l’Alta Via 2 en 6 jours</a>, Dolomites, Italie</li>
<li>En 2022, <a href="https://simonmyway.com/fr/blog/le-gr54-en-mode-ultra-leger-185-km-en-5-jours">j’ai fait le tour du GR54 en solo en 5 jours</a>, Massif des Écrins, France</li>
</ul>
<p>Dans cet article, j’aimerais donc partager mon expérience dans ce domaine.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/trail-running-how-to/gtfpc_pic.jpg" alt="Simon Myway sur la GTFPC"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<h2>Fais ce qui te plaît</h2>
<p>Il est important de garder en tête que le trail, ou n’importe quelle randonnée de plusieurs jours, est censé être un plaisir. Que tu sois un professionnel en activité ou un étudiant, ce genre de voyage est probablement un choix, un compromis face à d’autres types de vacances comme un séjour à la plage entre amis ou des visites de villes. Ce sont des vacances. <em>Et si ce n’est pas le cas, c’est-à-dire si tu es un traileur professionnel, alors il est peu probable que j’aie quoi que ce soit à t’apprendre !</em> Garde donc à l’esprit que c’est ton voyage et que tu dois le vivre à ta façon.</p>
<p>Lors de ma première tentative de « trail » en 2018, j’avais prévu de faire le GR20 en sens inverse en sept jours. J’avais quelques semaines de libre début septembre avant de commencer mon nouveau job chez McKinsey &amp; Company, et je voulais profiter au maximum de mon temps. J’ai décidé de passer deux semaines en Corse, à profiter des montagnes et à me détendre sur la plage avant de travailler dur dans le conseil haut de gamme.</p>
<p>J’avais remarqué que les étapes du GR20 étaient généralement prévues pour durer 3 à 6 heures, avec un total de 15 étapes et un rythme d’une étape par jour. Mais il y a 24 heures dans une journée, et il est sûrement possible de trouver assez de temps pour enchaîner deux étapes dans la journée… Non ? Malheureusement, je me suis blessé le troisième jour, et j’ai dû écourter mon périple et filer à la plage plus tôt que prévu - ahah.</p>
<p>Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de randonner. Si tu préfères passer l’après-midi au refuge pour profiter de la vue et échanger avec d’autres randonneurs, alors fonce. Si tu veux boucler un trek le plus vite possible pour le défi, c’est très bien aussi. Tant que tu prends les précautions nécessaires et que tu évites les risques inconsidérés, fais-le à ta manière et profite de l’expérience.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/trail-running-how-to/gr20_pic.jpg" alt="Simon Myway sur le GR20"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<h2>Planifier à l’avance</h2>
<h3>Les premiers choix</h3>
<p>Quand on planifie un trek, la première décision à prendre est de choisir lequel. Mon conseil : choisis un trek en fonction de ce qui t’attire, que ce soit une région que tu veux explorer ou un type de sentier particulier, comme un itinéraire côtier ou de haute montagne. Tu trouveras plein d’inspiration en ligne ou dans des livres dédiés.</p>
<p>Tout aussi important : décider comment tu comptes trekker. Il y a deux questions principales :</p>
<ul>
<li>Est-ce que tu portes une tente, ou est-ce que tu dors en refuge ?</li>
<li>Est-ce que tu emportes ta propre nourriture et un réchaud, ou est-ce que tu manges en refuge et te ravitailles chaque jour ?</li>
</ul>
<p>Ces décisions vont influencer la taille et le poids de ton sac à dos, ainsi que ton budget. Pour mes treks, j’ai surtout dormi et mangé en refuge, à l’exception d’<a href="https://youtu.be/pol2x3JK_fc">une expérience de 3 jours en autonomie en Belgique</a>.</p>
<h3>Se renseigner</h3>
<p>Une fois les premières décisions prises concernant ton itinéraire et ta manière de trekker, il est temps de plonger dans les données. C’est là que tu commences vraiment à te faire une idée de ce qui t’attend en chemin.</p>
<p>Ici, l’objectif est d’acquérir une connaissance exhaustive des étapes de la randonnée, notamment leur longueur et leur difficulté, les endroits où tu peux te reposer, dormir et te ravitailler. Ce genre
d’informations se trouve généralement en ligne ou dans des livres dédiés comme les « topoguides ».</p>
<p>Quand j’ai planifié mon trek sur le GR54, j’ai pris soin de compiler des informations détaillées pour chaque segment :</p>
<ul>
<li>Estimation du temps</li>
<li>Distance</li>
<li>Dénivelé positif</li>
<li>Dénivelé négatif</li>
<li>Présence de commerces et de refuges</li>
<li>À quelle étape officielle appartient le segment</li>
</ul>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/trail-running-how-to/gr54_infos.png" alt="Plan des étapes du GR54"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Une ressource clé que je recommande vivement : trouver une trace GPS du sentier. Ça peut te sauver la mise une fois sur le terrain, en t’assurant de rester sur le bon chemin et de ne pas te perdre. Je cherche généralement des fichiers <em>GPX</em>, qui peuvent être chargés dans une application smartphone comme <em>Gaia GPS</em> pour une consultation facile.</p>
<p>C’est aussi le moment d’envisager des itinéraires alternatifs sur le trek. Il existe souvent des sentiers non officiels qui mènent à des panoramas à couper le souffle et moins fréquentés. Par exemple, passer par l’Incudine sur le GR20 ou par le lac de l’Eychauda sur le GR54 offre de superbes expériences.</p>
<p>Un autre aspect important à considérer est le matériel et les vêtements dont tu auras besoin, selon la région et la saison durant laquelle tu randonneras. Cela garantit que tu es bien préparé pour toutes les conditions météo que tu pourrais rencontrer.</p>
<p>Une fois toutes les informations nécessaires en main, tu es prêt à faire ton sac et à prendre le départ. Décider du degré de flexibilité que tu t’accordes pendant ton trek est aussi crucial. Tu peux suivre un programme fixe, décider quelle étape tu boucleras chaque jour, ou garder une certaine liberté. Si tu prévois d’être en autonomie, tu peux vivre au jour le jour, manger et dormir quand et où tu veux. En revanche, si tu comptes t’appuyer sur les refuges, il peut être judicieux de réserver à l’avance pour t’assurer une place.</p>
<p>Personnellement, j’aime la flexibilité d’un trek laissé au hasard. Je commence ma journée tôt et j’avance jusqu’à ce que j’aie envie de m’arrêter. Savoir combien de temps il faut pour atteindre le prochain arrêt possible grâce au plan des segments est super utile. Mais attention, certains refuges peuvent être complets, alors renseigne-toi sur la probabilité que ça arrive en consultant des retours en ligne ou en les appelant directement.</p>
<p>Avec toutes ces connaissances en poche, te voilà prêt pour l’aventure. Prépare-toi à accueillir l’imprévu, découvrir de nouveaux chemins et te créer des souvenirs inoubliables.</p>
<h2>Mes conseils pour la randonnée elle-même</h2>
<p><strong>Mérinos à fond</strong>. Côté vêtements de randonnée, le tissu mérinos a changé la donne. Cette matière magique offre plusieurs avantages, le plus important pour moi étant qu’elle ne sent pas mauvais avec le temps : tu peux donc porter les mêmes vêtements plusieurs jours sans problème. J’utilise un seul T-shirt sur mes treks. Le mérinos est aussi un excellent régulateur thermique : il te garde au chaud quand il le faut et laisse ton corps respirer, ce qui évite de tremper tes vêtements. En mérinos, j’emporte généralement des chaussettes, un legging, un T-shirt à manches courtes, un T-shirt à manches longues, des manchettes et des boxers.</p>
<p><strong>Le volume plutôt que la vitesse</strong>. Pour couvrir de plus longues distances, il est plus facile de marcher plus longtemps que plus vite. Je trekke généralement 10 à 13 heures par jour et j’évite de marcher dans le noir. Je commence ma journée juste avant le lever du soleil, en général vers 4-5 heures du matin, et je m’arrête quand j’en ai envie ou au coucher du soleil. Je cours rarement et je suis un randonneur relativement grand et lourd, donc lent en montée. En revanche, je cours généralement en descente. Cette façon de trekker me rend habituellement 2 à 3 fois plus rapide que la planification standard d’un trek.</p>
<p><strong>Stocke l’eau à l’avant</strong>. Pour alléger mon sac à dos, j’utilise un sac-gilet d’hydratation. Ce type de sac possède des poches sur les bretelles pour ranger des flasques d’eau, ce qui répartit le poids et permet d’accéder facilement à l’eau. Jette un œil chez <em>Ultimate Direction</em> pour de très bonnes options.</p>
<p><strong>Ce sont les gens qui comptent</strong>. Si les paysages sont incroyables et le sentiment d’accomplissement gratifiant, ce sont les personnes que tu rencontres sur le sentier qui rendent l’expérience vraiment inoubliable. Même si je randonne généralement seul, les rencontres que j’ai faites en montagne ont été uniques et marquantes. Que ce soit en discutant avec les gardiens de refuge ou avec d’autres randonneurs, les conversations sont toujours belles et bienveillantes. Je recommande de dormir près des refuges officiels et de partager ton dîner avec les autres. Si tu dors en dortoir de refuge, n’oublie pas d’emporter des bouchons d’oreilles !</p>
<p>Et voici quelques conseils plus pratiques :</p>
<ul>
<li>Range tes différents vêtements dans des sacs de compression pour organiser efficacement ton sac à dos</li>
<li>Utilise des chaussettes à orteils pour éviter les frottements entre les orteils et les ampoules</li>
<li>Installe des lacets élastiques pour enfiler et retirer tes chaussures sans effort. Ils offrent aussi un maintien solide mais souple</li>
<li>Accroche quelques mousquetons à ton sac à dos, ils seront utiles de bien des façons, par exemple pour faire sécher tes vêtements en marchant</li>
<li>Opte pour des bâtons de randonnée pliables, rapides et faciles à démonter</li>
<li>Prends une ceinture de running pour ranger quelques affaires autour de la taille, avec des sangles à l’arrière pour tenir les bâtons</li>
<li>Si tu aimes la musique, emporte des écouteurs filaires qui ne nécessitent pas de recharge, et utilise des clips guiche pour fixer le câble sur les bretelles de ton sac</li>
<li>Emporte un mélange de fruits secs et de noix pour les encas. Prends un mix sucré-salé</li>
<li>Le baume du tigre rouge aidera tes muscles à récupérer</li>
</ul>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/trail-running-how-to/gtfpc_backpack.jpg" alt="Ce qu'il y avait dans mon sac à dos"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Si tu t’intéresses aux marques et modèles précis, va voir <a href="https://lighterpack.com/r/yeawl8">ce qu’il y avait dans le sac à dos</a> de mon dernier périple.</p>
<h2>Es-tu suffisamment entraîné ?</h2>
<p>Le moyen le plus sûr de le savoir, c’est d’essayer. Charge ton sac à dos, lace tes chaussures de randonnée, puis pars sur les sentiers près de chez toi. Commence par des randonnées plus courtes pour jauger ton endurance et déterminer si l’expérience te plaît. Si tu veux estimer la distance que tu peux couvrir chaque jour, essaie de mesurer combien de dénivelé tu peux encaisser en une heure. Si tu vis dans une région plate, va à la salle de sport et essaie le simulateur d’escaliers. Combine ensuite tes allures estimées en distance et en dénivelé pour déterminer à quelle vitesse tu peux boucler une étape.</p>
<p>La randonnée demande plus que de la simple endurance physique ; elle exige aussi un corps fonctionnel et de la résilience. Si tu n’as pas l’habitude de randonner régulièrement, tu risques de te blesser en y allant trop fort, par exemple avec une inflammation articulaire. Cela dit, un certain inconfort est acceptable : une ampoule, par exemple, n’est pas de nature à stopper un trek, si tu ne t’en soucies pas trop. Il est donc important de faire la différence entre inconfort et douleur, pour t’assurer de ne pas aller trop loin et de ne pas te mettre en danger de blessure.</p>
<p>Pour référence, voici mon volume de marche et de course sur 6 mois glissants au fil des années.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/trail-running-how-to/running_mileage.png" alt="Graphique du volume de marche et de course sur 6 mois"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>J’ai commencé à courir plus ou moins régulièrement en 2013 et j’ai couru mon tout premier 10 km en 1 heure et 7 minutes à l’époque. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé mes données de suivi pour cette période. Le graphique ci-dessus est basé sur les données <em>Strava</em>, que j’ai commencé à utiliser en 2019.</p>
<p>L’été 2018 fut ma première tentative sur le GR20. Lors de celle-ci, j’ai développé une tendinite et j’ai abandonné. Deux ans plus tard, pour ma deuxième tentative, réussie cette fois, j’avais atteint un volume de 450 km sur 6 mois. Garde à l’esprit que ces chiffres ne sont pas exhaustifs, mais ils devraient te donner une idée de mon niveau d’entraînement.</p>
<p>Souviens-toi, la randonnée peut être une expérience exigeante et gratifiante. Mais il est important de t’assurer que tu es physiquement et mentalement préparé aux rigueurs du sentier. Alors prends ton temps, commence petit et développe ton endurance progressivement.</p>
<h2>On se voit en montagne</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/trail-running-how-to/gr54_pic.jpg" alt="Simon Myway sur le GR54"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Merci d’avoir pris le temps de lire mes conseils ! Bien sûr, rappelle-toi que ce qui fonctionne pour moi ne fonctionne pas forcément pour tout le monde, et qu’il existe de nombreuses façons d’aborder un trek. Prends ce qui te semble utile et adapte-le à tes propres besoins et préférences. Si tu as d’autres questions, n’hésite pas à me contacter directement.</p>
</content>
      <summary type="text">Ces dernières années, j'ai accumulé pas mal d'expérience en trail. Ou en fastpacking. Ou en trek ultra-léger. Appelle ça comme tu veux, moi je décris ça comme partir en randonnée à un rythme plus soutenu que la normale. La preuve : - En 2020, j'ai parcouru le GR20 en solo en 6 jours, Corse, France -</summary>
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      <published>2023-03-20T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2023-03-20T00:00:00.000Z</updated>
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      <author>
        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
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    <entry>
      <title>Comment j'ai appris le développement web dynamique en jouant au foot</title>
      <content type="html"><h1>Comment j’ai appris le développement web dynamique en jouant au foot</h1>
<p>Côté sport, je suis un retardataire. Eh oui, je n’ai commencé à pratiquer régulièrement que vers mes 16 ans. Avant ça, je n’y prenais tout simplement aucun plaisir, et je ne peux pas en vouloir à mes parents : ils ont essayé de m’inscrire à un tas d’activités, comme le foot, l’escalade, le tennis de table ou l’escrime. Quoi qu’il en soit, j’adore désormais le sport. J’ai commencé mon parcours en me remettant en forme avec la musculation, puis l’entraînement d’endurance, autrement dit le jogging. Avec le recul, j’ai commencé à aimer l’activité physique une fois que j’ai atteint un niveau de forme minimal, ce qui n’a pas été simple à décrocher. Enfant, je ne poussais pas beaucoup ma zone de confort.</p>
<p>À l’université, j’ai limité mon activité physique aux exercices fondamentaux, ce qui m’a finalement mené au trail, <a href="https://simonmyway.com/fr/blog/le-gr54-en-mode-ultra-leger-185-km-en-5-jours">comme tu le sais peut-être</a>. Après avoir dit adieu à ma vie d’étudiant, je me suis penché sur les sports d’équipe. Le foot en particulier, dont j’étais fan depuis plusieurs années.</p>
<h2>Commencer sur le tard</h2>
<p>Je me suis donc mis à chercher des matchs de foot et j’en ai rejoint quelques-uns de fil en aiguille. J’ai vite réalisé que la touche de balle, c’est difficile, et que ça demande de la pratique. Je me retrouvais souvent face à des gars qui jouaient depuis des années, généralement depuis le secondaire, et apporter quelque chose à l’équipe était… compliqué. Heureusement, je pouvais compter sur mon cardio et ma force. Je répétais aussi quelques exercices en solo.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/soccer-react/rainbow.jpg" alt="Entraînement à l'arc-en-ciel"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Au bout d’un moment, j’ai voulu rejoindre un club et j’ai entendu parler d’une ligue amateur bruxelloise, l’ABSSA, pour <em>Association Belge des Sports du Samedi</em>. J’ai fini par trouver une équipe avec laquelle jouer, et mon premier réflexe a été de bloquer les horaires de tous les matchs dans mon calendrier, pour être sûr d’être présent et de ne rien planifier d’autre en même temps.</p>
<h2>Scraper le site de l’ABSSA</h2>
<p>Le calendrier de la ligue est disponible sur son site web, j’aurais donc pu simplement le parcourir pour encoder tous mes matchs, mais pourquoi le faire à la main quand on peut l’automatiser ? En jouant un peu avec l’outil d’inspection de mon navigateur, j’ai remarqué que le site était scrapable, c’est-à-dire que ses informations pouvaient être extraites. J’ai aussi noté que pour avoir toutes les données sur un match précis, je devrais visiter plusieurs pages : une pour l’heure du match, une pour le nom du terrain et encore une autre pour sa localisation. Pénible à faire manuellement, mais simple à coder.</p>
<p>J’ai donc ouvert mon éditeur préféré et créé un prototype pour :</p>
<ol>
<li>Scraper les infos sur le site</li>
<li>Les combiner dans un fichier <em>iCal</em> que je pourrais importer dans mon agenda</li>
</ol>
<p>J’ai rapidement obtenu un résultat convenable avec Python et quelques bibliothèques. Cet outil a démarré comme un <em>Jupyter Notebook</em>, puis est passé à des classes structurées, avant d’être refactorisé en pipeline de données avec <em>Kedro</em>. Ce projet est <a href="https://github.com/simonpicard/abssa-ical">open source sur GitHub</a>.</p>
<h2>Publier ces calendriers</h2>
<p>L’avantage d’automatiser un processus, c’est que ça passe à l’échelle. J’avais développé ce générateur de calendrier pour mon équipe, mais je pouvais désormais générer les calendriers de toutes les équipes, puisque la logique était la même. Et il y en a 258. Comment rendre ces calendriers accessibles à tous ? J’aurais pu partager un dossier drive avec tous les fichiers <em>iCal</em>, mais l’expérience utilisateur n’aurait pas été terrible et cela aurait limité la portée aux joueurs un minimum à l’aise avec la technologie.</p>
<p>Et si je construisais un petit site web où l’utilisateur pourrait chercher son équipe, voir tous ses matchs et avoir la possibilité de les enregistrer dans son agenda ? Hmm… Si je devais le développer, ça ressemblerait à quelque chose comme ça…</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/soccer-react/calabssa-sketch.png" alt="Une première esquisse de calabssa"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<h2>L’apprentissage par projet</h2>
<p>Comme je l’ai raconté dans <a href="https://simonmyway.com/fr/blog/je-code-depuis-plus-de-15-ans-mais-jamais-en-javascript">mon tout premier article de blog</a>, j’ai décidé de me lancer dans le développement web, pour ajouter une nouvelle corde à mon arc. Ce blog personnel est un premier pas dans cette direction, mais il est entièrement statique : le contenu de ses pages sera toujours le même, quelles que soient les actions que tu y fais. Pour mon application de partage de calendriers, je voulais que la barre de recherche propose de l’autocomplétion. Ses suggestions dépendraient de ce que l’utilisateur tape. Un site statique n’était donc pas la solution, et c’était l’occasion pour moi d’apprendre une nouvelle techno !</p>
<p>Je m’apprêtais à créer une web app avec du <em>rendu côté client</em> en <em>JavaScript</em>. Différents frameworks existent pour ce besoin, et la première étape est de choisir celui que tu vas utiliser. J’aime prendre mes décisions sur base de données et, heureusement pour moi, de grandes enquêtes sur les technologies <em>JavaScript</em> sont menées par le <a href="https://stateofjs.com/en-us/">State of <em>JavaScript</em></a>. Regardons les derniers résultats pour les frameworks front-end :</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/soccer-react/front_end_frameworks_experience_ranking.png" alt="Classement de satisfaction des frameworks front-end"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Pour ma première expérience de développement front-end, je voulais maîtriser une technologie standard et bien appréciée. En écartant <em>Solid</em> et <em>Svelte</em>, trop récents, <em>React</em> arrive en tête.</p>
<p>Je me suis donc lancé dans l’apprentissage de <em>React</em>. J’ai commencé par son <a href="https://reactjs.org/tutorial/tutorial.html">tutoriel</a> puis j’ai plongé directement dans la création de mon projet. Une semaine plus tard, je suis heureux de partager ma toute première web app dynamique : <a href="https://calabssa.be/?ref=simonmyway">calabssa.be</a>.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/soccer-react/calabssa.png" alt="Capture d'écran de CalABSSA"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Ça ressemble pas mal au design d’origine, non ? Va voir le code sur <a href="https://github.com/simonpicard/calabssa.be">GitHub</a>.</p>
<h2>Bienvenue Twitch !</h2>
<p>En me lançant dans mon apprentissage de <em>React</em>, je me suis dit que ce serait cool de documenter mon processus d’apprentissage. Comment est-ce que je m’y prendrais pour acquérir une nouvelle compétence technique ? Pour cela, j’ai décidé de diffuser mon écran en direct pendant que je travaillais sur le projet, en réfléchissant à voix haute. Je streame sur <a href="https://www.twitch.tv/simonmyway">Twitch</a> et c’est fun, n’hésite pas à suivre <a href="https://www.twitch.tv/simonmyway">ma chaîne</a> car je compte continuer à diffuser ! Ma famille et mes amis constituaient l’essentiel de mon audience, mais quelques inconnus sont aussi passés par là, ce qui a donné lieu à des échanges inattendus.</p>
<p>J’ai commencé par partager mon travail de développement web, mais c’était assez difficile d’expliquer ce que je faisais tout en étant profondément concentré sur la compréhension de la nouvelle technologie. Une fois un premier prototype fonctionnel de ma web app en poche, je suis revenu à la création du calendrier pour l’améliorer. J’ai entièrement streamé sa refonte en pipeline <em>Kedro</em>, et le truc cool avec les lives, c’est qu’on obtient un replay, que j’ai assemblé et publié sur YouTube :</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=uJE9NGaU_pk"><img src="https://simonmyway.com/img/posts/soccer-react/kedro_min-overlay.png" alt="Développement durable de pipelines de données"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></a></p>
<h2>Les leçons à retenir</h2>
<p>Développer des sites web est passionnant parce que le feedback est immédiat. En effet, dès que tu enregistres dans ton éditeur, ta page web se met à jour et tu vois le résultat en direct. C’est très différent des projets data, ma compétence principale. Pour ceux-ci, le fruit de ton travail est généralement moins tangible car plus orienté recherche. Tu finis avec un nombre, qui pourra au bout du compte avoir un gros impact sur ton business, mais ce n’est pas une web app en direct où chaque ligne correspond à un élément précis à l’écran.</p>
<p>Pour ce projet, j’ai utilisé <em>React</em> avec <em>Tailwind</em> pour gérer la mise en page, le premier s’occupant du <em>JavaScript</em> et le second du <em>CSS</em>. L’expérience de développement était agréable parce qu’un seul fichier contient tous les composants d’une page web, à savoir <em>HTML</em>, <em>CSS</em> et <em>JavaScript</em>. C’est pratique : pas besoin de modifier plusieurs fichiers pour retravailler une page. C’est différent de l’approche que j’ai utilisée pour ce blog personnel, où je m’appuie sur <em>Express</em> et <em>EJS</em> et dois les gérer dans des fichiers séparés.</p>
<p>Un piège de cette boucle de feedback rapide et de ce développement tout-en-un, c’est de modifier organiquement des petits bouts de code à l’infini. Il est en effet très tentant d’ajouter juste une ligne ou de corriger ce petit élément, mais si tu continues à travailler comme ça, tu te retrouves vite avec du code spaghetti. Même pour ma petite app, j’ai passé du temps à la refactoriser en plusieurs modules, ou « composants », pour un logiciel plus durable. Les plus techniques d’entre vous peuvent jeter un œil au diff de <a href="https://github.com/simonpicard/calabssa.be/commit/f16f33d2fd3b7c19a27874624868547c03e2acb2">ce commit</a>.</p>
<p>Si tu veux rejoindre le mouvement du développement web, il est important d’être attentif aux différents mécanismes qui se déroulent simultanément. En effet, ta page web sera le résultat de différents rendus (client, serveur) et technologies (<em>HTML</em>, <em>CSS</em>, <em>JavaScript</em>). Donc, pour garder la main sur la dynamique de ton site, assure-toi de savoir quel bout de code est responsable de quoi. Par exemple, j’ai été surpris de découvrir que la plupart des animations de mon site étaient gérées par son <em>CSS</em>, tandis que le <em>JavaScript</em> se contentait de mettre à jour une valeur quasi codée en dur.</p>
<p>En apprenant, je t’encourage aussi à ne rien laisser de côté. Quand il y a quelque chose que tu ne comprends pas, il est facile de simplement passer outre et de l’éviter, mais je dirais que prendre le temps de le saisir sera payant à moyen terme. Cela te permettra de construire des fondations solides, qui finiront par rendre ton apprentissage exponentiel.</p>
<p>Et tout ça grâce au foot ! C’est un bel exemple d’apprentissage par projet, c’est-à-dire une méthode pédagogique dans laquelle les étudiants apprennent en s’impliquant activement dans des projets réels et qui ont du sens pour eux. Je crois que cette approche est la plus efficace : trouve quelque chose que tu as envie de faire, et fais-le. Ce sera plus efficace que de mémoriser des concepts théoriques ou de plancher sur des devoirs déconnectés de ta réalité.</p>
<p>À bientôt !</p>
</content>
      <summary type="text">Côté sport, je suis un retardataire. Eh oui, je n'ai commencé à pratiquer régulièrement que vers mes 16 ans. Avant ça, je n'y prenais tout simplement aucun plaisir, et je ne peux pas en vouloir à mes parents : ils ont essayé de m'inscrire à un tas d'activités, comme le foot, l'escalade, le tennis de</summary>
      <link href="https://simonmyway.com/fr/blog/comment-jai-appris-le-developpement-web-dynamique-en-jouant-au-foot" rel="alternate"/>
      <id>https://simonmyway.com/fr/blog/comment-jai-appris-le-developpement-web-dynamique-en-jouant-au-foot</id>
      <published>2022-12-04T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2022-12-04T00:00:00.000Z</updated>
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        <name>Simon Myway</name>
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      <title>Le GR54 en mode ultra-léger : 185 km en 5 jours</title>
      <content type="html"><h1>Le GR54 en mode ultra-léger : 185 km en 5 jours</h1>
<p>Cela fait plusieurs années que je pratique le trek. Voici un petit journal de ma dernière randonnée sur le GR54, durant l’été 2022.</p>
<h2>Jour 1</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/gr54/day_1.jpg" alt="Le lac de l'Eychauda"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Nuit difficile, réveil compliqué, légèrement nauséeux. Je me lève à 4h30 et pars à 5h15 sans manger : j’ai prévu 3 heures pour rejoindre le refuge, 500 m plus haut. Je démarre à la frontale. Je goûte enfin à mes premières sensations de moyenne montagne, mais je suis épuisé. Parfois, mes yeux se ferment malgré moi.</p>
<p>Finalement, j’atteins le magnifique refuge de l’Alpe en 2 heures. Là, je revis. J’avale un petit-déjeuner qui me fait le plus grand bien et je discute avec Clément, qui dormira à plus de 3000 m ce soir, avant de reprendre le GR54. Je passe le col d’Arsine complètement reboosté, les montagnes sont à couper le souffle, il y a une rivière blanche.</p>
<p>Et 3 heures plus tard, me voilà à Monêtier-les-Bains, tout près de la station de ski de Serre Chevalier. Soit je suis le GR54 avec des remontées mécaniques en plein milieu, soit je prends un itinéraire alternatif pour aller voir un lac à plus de 2000 m. Comme je suis plus rapide que mes estimations, j’opte pour la seconde option, et je ne le regrette pas !</p>
<p>Villar-d’Arêne - Vallouise : 45 km 2050D+ 2515D-</p>
<h2>Jour 2</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/gr54/day_2.jpg" alt="Moutons et chien de berger"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>La nuit a encore été courte, impossible de trouver un bon sommeil, allez savoir pourquoi. 4h30, je me réveille et mange quelques trucs achetés à l’épicerie, puisque je dormais en ville.</p>
<p>5h15, je quitte l’hôtel et me mets en marche. La journée commence par 8 km le long d’une route. Ça grimpe sec quand même, je vois des voitures passer tout près. Je suis un peu fatigué, et si je faisais du stop sur quelques kilomètres ? Non, je m’accroche jusqu’à 7h environ, avale une barre de céréales et m’enfonce dans le Parc national des Écrins. C’est magnifique. Encore assez froid, mais magnifique.</p>
<p>La montée jusqu’à Pré de la Chaumette est longue, avec des paysages variés. En chemin, je croise un refuge non gardé avec quelques randonneurs en autonomie. Ils m’accompagnent un moment, avec leurs gros sacs à dos. Quelques minutes plus tard, ils gagnent du terrain sur moi, avant de me dépasser. Comment est-ce possible, avec autant de poids sur le dos ? Suis-je trop lent ? Vais-je seulement y arriver ?</p>
<p>Au sommet, on partage un peu de saucisson, puis c’est parti pour 900 m de descente. Au galop, j’arrive au refuge le premier, je mange des « oreilles d’âne » et un gâteau aux myrtilles. Il est 13h. À l’origine, je comptais m’arrêter ici, mais il me reste du temps. Prochain refuge : estimation, 6 heures et 45 minutes. Je suis en général un peu plus rapide… C’est parti !</p>
<p>Je ferme la marche, je suis le tout dernier à partir. Ce sont deux cols à enchaîner avant d’atteindre le refuge de Vallonpierre, au bord de son lac. Avec les cols, chaque passage ouvre sur une vue mystère, époustouflante à chaque fois. Après le 2e col, je n’y suis toujours pas : en fait, ce sont trois cols d’affilée !</p>
<p>18h, j’arrive au refuge. Il est complet, et je n’ai pas réservé… Vais-je passer la nuit sur un banc ? Heureusement, le gardien m’installe une tente. Au dîner, il y a de l’agneau, et un superbe coucher de soleil sur le lac. À demain !</p>
<p>Vallouise - Refuge de Vallonpierre : 37 km 2826D+ 1697D-</p>
<h2>Jour 3</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/gr54/day_3.jpg" alt="Au Col de la Muzelle"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>4h30, enfin une bonne nuit de sommeil ! Est-ce lié au dîner convivial d’hier ? À l’air frais respiré sous la tente ? À l’emplacement génial à 2200 m ? Sans doute tout ça à la fois.</p>
<p>5h, je file au refuge pour le petit-déjeuner, le gardien me l’a préparé, avec du café chaud dans un thermos. Aujourd’hui, il y a trois autres lève-tôt. C’est une famille en vacances de randonnée, ils ont préparé leur itinéraire soigneusement en épluchant les cartes IGN.</p>
<p>Une demi-heure plus tard, je remplis mes gourdes et je pars. C’est une descente raide vers la vallée. Les premières lueurs donnent au paysage des couleurs éclatantes. Il y a un refuge à mi-chemin. J’y remarque un gars avec un T-shirt aux couleurs du drapeau belge. Lui et ses amis viennent de Tournai. Il m’apprend que l’eau ici n’est pas potable, heureusement que j’ai fait le plein.</p>
<p>7h, je suis à 1000 m, en route vers Villar-Loubière. C’est plat. Sur 12 km. Le long d’une route. Hier au dîner, j’ai rencontré un groupe de 4 amis, au style plutôt trail. Il s’avère qu’ils bouclent le GR54 dans le sens antihoraire, en 5 jours, en bivouac. C’est-à-dire en portant tente et nourriture, soit environ 12-15 kg. Plutôt impressionnant. Ils venaient donc de là où je me dirige. Ils ont choisi de prendre un bus pour cette section plate. Devrais-je moi aussi la zapper en stop ? Et la variante alpine qui passe par l’Olan, qui elle n’est pas plate ? Et d’ailleurs, y aura-t-il de la place pour moi ce soir ?</p>
<p>Comme je réalise qu’improviser chaque décision au feeling est plus compliqué sur ce trek vu la forte demande en hébergement, je décide de réserver un lit dans un gîte trois étapes plus loin, pour une estimation totale de 13 heures. Et le lendemain ? Et le jour d’après ? Eh bien, à la fin du jour 3, je serai à la fin de l’étape 9, sur un total de 14. Attends, je suis en train de boucler ce trek en 5 jours ? 175 km, 11 000 D+ ? Je n’en sais rien, mais réservons comme si. Alea jacta est.</p>
<p>Finalement, je décide 1. de ne pas monter en voiture : une partie de ce qui me pousse à faire ces randos, c’est de me reconnecter à la nature, et sauter dans une voiture irait à l’encontre de ça. Et 2. de simplement marcher le plat : je m’apprête à faire le plus gros trek que j’aie jamais fait en 5 jours, sans être au sommet de ma forme physique par rapport aux années précédentes. Autant récupérer un peu sur cette portion.</p>
<p>11h, j’attaque l’ascension vers le refuge des Souffles. C’est 900 m de montée, mais assez facile. Le terrain n’est en effet pas dangereux, et pas trop raide. 2 heures plus tard, je savoure une omelette jambon-fromage avant de repartir vers le Col de la Vaurze. C’est superbe ! La roche est sombre, comme un volcan, enfin l’idée que je m’en fais.</p>
<p>15h, place à la descente. 1300 m de descente. Les 150 premiers mètres sont extrêmement raides. J’aurais préféré les monter que les descendre. Bref, au bout d’un moment, les pierriers sombres laissent place à de la terre et des cailloux. Je pourrais courir dans cette descente, mais je m’abstiens. Je préfère préserver mes genoux, j’arriverai au gîte suffisamment tôt de toute façon.</p>
<p>19h, après m’être installé et avoir fait un peu de lessive à la main — le genre de chose que font chaque jour les randonneurs normaux quand on n’arrive pas 30 minutes avant le dîner —, on passe à table. C’est une grande tablée, avec 16 assiettes. Le gardien est un cuisinier passionné qui a passé tout l’après-midi à faire mijoter saucisses et riz. C’est délicieux. Ces dîners de refuge sont toujours un chouette moment, tout le monde est tellement bienveillant. La question d’ouverture classique, c’est « alors, tu fais le GR ? Tu es parti quand ? ». À un moment, je réponds à ces questions, donc… j’en suis à 60 % et je suis parti il y a 3 jours. Ce matin, j’étais à Vallonpierre. Pendant que je parle, je remarque que de plus en plus de convives se taisent et me regardent avec de grands yeux. Je partage quelques trucs et astuces pour alléger son sac, éviter les blessures, etc. Bien sûr, je sais que ma façon de randonner sort un peu de l’ordinaire, mais ce n’est pas non plus la crème de la crème, si ? Ce que je fais en 5 jours, Kilian, Lambert ou Jim le feraient en 30 heures. Pour eux, j’étais quand même un peu extraordinaire ; tout est relatif.</p>
<p>Refuge de Vallonpierre - Désert-en-Valjouffrey : 36 km 1660D+ 2659D-</p>
<h2>Jour 4</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/gr54/day_4.jpg" alt="Montagnes au petit matin"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>5h, petit-déjeuner en solo aujourd’hui, le gardien a laissé un petit mot d’au revoir, c’est sympa. La journée s’annonce belle. Le plan : rejoindre Vénosc, à deux montagnes d’ici. 1000 mètres de montée, 1000 mètres de descente, et on recommence.</p>
<p>Entre les deux, il y a Valsenestre. En fait, y passer représente un petit détour, que j’aimerais éviter car il n’a pas grand intérêt. Problème : comment emporter assez d’eau pour ces deux montagnes d’un coup ? Le temps estimé est de 10h45 et ma capacité en eau de 1,7 litre. J’avais anticipé : un autre randonneur m’a donné des pastilles de purification, qui permettent de boire l’eau des rivières. Cette discussion a déclenché un débat enflammé sur la nécessité de purifier cette eau de glacier. Comme je veux minimiser les risques, je vais utiliser la pastille, c’est certain.</p>
<p>5h40, je me dirige vers le Col de Côte Belle et, en regardant dans la direction opposée, c’est-à-dire d’où je suis arrivé hier, j’aperçois un point lumineux solitaire au sommet. Je ne suis pas le seul à commencer mes randos à la frontale. La marche est agréable et je me sens super bien. Plus aucune somnolence : j’imagine que randonner à jeun, ce n’est pas pour moi.</p>
<p>9h, j’atteins l’autre versant, je suis bien plus rapide que les estimations. Je bois à peine, car il ne fait pas encore trop chaud. N’empêche, c’est le moment de refaire le plein. Je vois une rivière, mais elle sent tellement mauvais que je décide de ne pas y boire, même purifiée. Je vois sur la carte que je dois retraverser la même rivière, mais plus en amont. Parfait. Alors que j’attaque la deuxième montagne, j’aperçois une cabane de berger et, devinez quoi, il y a une source d’eau juste à côté.</p>
<p>11h, j’approche du sommet, le Col de la Muzelle. C’est très raide, en lacets interminables, sur un matériau de couleur sombre. Je vois plusieurs personnes au sommet, en train de se détendre avec la vue. Bientôt, ce sera mon tour. Je découvre l’autre versant de la montagne : il y a un lac immense, le lac de la Muzelle. Magnifique. Après le selfie obligatoire et quelques fruits secs, j’entame la descente. Le lac devient de plus en plus grand. Plusieurs cascades issues de la fonte des glaces s’y déversent.</p>
<p>12h30, je viens de rejoindre le refuge, quelques personnes tentaient une baignade dans le lac, jusqu’aux genoux pour la plupart. Je partage mon déjeuner avec deux Néerlandais. Ils me prennent pour un cycliste à cause de mes lunettes Sutro. Ahah, non, j’apprécie juste le champ de vision complet. Maintenant, il ne reste plus que de la descente jusqu’à Vénosc ; je commande un dernier café pour profiter de la vue d’ici.</p>
<p>15h30, c’est fini pour aujourd’hui. Dommage d’avoir réservé à l’avance, j’aurais peut-être continué à marcher jusqu’à 18h. La prochaine étape possible est 12 km plus loin, ça aurait été un gros effort. Je partagerai ma chambre avec 4 autres randonneurs aujourd’hui.</p>
<p>19h30, on dîne et, comme d’habitude, on papote. Il y a deux filles qui randonnent ensemble, elles se sont rencontrées à La Réunion. Elles me demandent si je fais des courses de trail. Non. Mais elles, oui. La Diagonale des Fous, rien que ça. Woaw. C’est l’une des courses les plus populaires, avec l’UTMB. Elle l’a bouclée en 59h, tu imagines ? « Simon, avec ta façon de faire du trek, ça ne te tente pas, les courses de trail ? » Si, justement, restez à l’écoute !</p>
<p>Désert-en-Valjouffrey - Bourg d’Arud : 25 km 2170D+ 2521D-</p>
<h2>Jour 5</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/gr54/day_5.jpg" alt="Tourbière de la pisse"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>4h30, je me faufile hors du dortoir en essayant de ne réveiller personne. D’habitude, je prépare mon sac avant de dormir pour pouvoir quitter la chambre en douceur, dès que mon réveil sonne. Pour le petit-déjeuner, je me fais un café avec un percolateur, ça fait du bien après plusieurs jours de café instantané. Aujourd’hui, je vais suivre la partie C du GR54C. C’est un itinéraire alternatif du trek : en gros, il est 20 km plus court pour le même dénivelé total.</p>
<p>5h30, au lieu de me diriger vers Bourg-d’Oisans, je pars en direction du Lac du Chambon, juste à côté de Mizoën. Pour cela, je contourne le Pied Moutet, une montagne de 2400 mètres, dans le domaine skiable des Deux Alpes. En chemin, il y a plusieurs sections équipées, avec de petites échelles et des chaînes pour faciliter certains passages périlleux. Rien à voir avec le GR20 cela dit : je n’ai presque jamais eu besoin des mains sur ce trek. La seule exception, c’était la montée du Col de la Grangette le premier jour, qui ne fait d’ailleurs pas partie du GR54. Plusieurs kilomètres plus loin, je passe devant un refuge non gardé. Il y a une petite table et deux lits. Ce serait vraiment chouette d’y passer une nuit, peut-être un jour, quand je ferai du trek en autonomie.</p>
<p>10h, j’arrive au-dessus du Lac du Chambon, il est immense ! L’eau est bleu ciel et j’aperçois des sports nautiques à sa surface. Après une petite section sur la route, je traverse le lac sur son barrage, il a l’air vertigineux. J’enchaîne cul sec un cola et un thé glacé à Mizoën, puis je me dirige vers le Plateau d’Emparis, ma dernière montée. En chemin, je vois que je peux faire un crochet par un petit lac,
Le Lovitel. Mais je ne vois aucun lac : il est complètement à sec. Apparemment, tout le massif est sec cette année, c’est d’habitude bien plus vert.</p>
<p>2 heures plus tard, j’arrive au refuge des Clots. Bien que j’aie faim, je décide de ne pas déjeuner ici mais plus haut, pour profiter de l’altitude une toute dernière fois. Sur le chemin de la montée, il y a une cascade, en fait plusieurs, qui jaillissent des mêmes rochers. La façon dont toute cette eau s’écoule est magnifique. Côté sud, j’aperçois deux glaciers, leurs manteaux blancs sont impressionnants.</p>
<p>14h, au sommet du Plateau, je réalise que c’est la dernière fois que je passe au-dessus de 2000 mètres. Heureusement, je suis sur un « plateau », ce qui veut dire qu’il me reste de la distance à parcourir là-haut avant de redescendre. Je fais ma pause au refuge du Mouterre. Je mange une crêpe avec une vue splendide sur les glaciers. Même si je n’ai plus faim, je décide de prendre un dessert, juste pour savourer le moment un peu plus longtemps. Le cuisinier m’offre un digestif local, du génépi, fait à partir d’herbes qui poussent ici.</p>
<p>15h30, il est finalement temps d’y aller. Je me mets en route vers le Chazelet, puis La Grave, mon arrêt final. Il reste encore 800 mètres de descente. Mes pieds sont bien fatigués, alors je prends mon temps. Je croise des randonneurs qui montent, ça me rappelle moi-même, il y a tout juste 4 jours, quand je commençais le trek. La descente se fait en lacets, il y a plusieurs raccourcis, mais des panneaux nous avertissent de ne pas les emprunter, car ils érodent le paysage.</p>
<p>18h, je suis à La Grave. C’est terminé. 185 km, 5 jours. Je ne m’attendais pas à être aussi rapide. Je pense que le terrain était plus facile que sur ma randonnée précédente, ce qui permettait un rythme plus soutenu. Le GR54 est magnifique, et raide, mais pas trop technique. Au gîte, je partage mon dîner avec un ancien chercheur en physique, aujourd’hui retraité. On discute d’escalade, de randonnée dans les Pyrénées, de physique quantique et du GR20 en ski de fond. J’adore toujours autant ces moments de partage.</p>
<p>Demain, je repars pour Bruxelles, en bus et en train. Comme d’habitude, cette aventure m’a comblé au plus haut point. Les paysages, l’effort, les décisions à prendre, les rencontres, l’air frais… Vivement la prochaine !</p>
<p>Bourg d’Arud - La Grave : 41 km 2488D+ 1962D-</p>
<h2>Pour conclure</h2>
<p>Si mon expérience t’a inspiré, tu peux retrouver le contenu de mon sac à dos <a href="https://lighterpack.com/r/yeawl8">ici</a> et mon itinéraire juste en dessous</p>
<table>
<thead>
<tr>
<th><strong>Jour</strong></th>
<th><strong>De</strong></th>
<th><strong>À</strong></th>
<th><strong>Distance (km)</strong></th>
<th><strong>D+ (m)</strong></th>
<th><strong>D- (m)</strong></th>
<th><strong>Temps total (hh:mm)</strong></th>
<th><strong>Temps en mvt (hh:mm)</strong></th>
<th><strong>Commentaire</strong></th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td>1</td>
<td>Villar-d’Arène</td>
<td>Vallouise</td>
<td>45,19</td>
<td>2050</td>
<td>2514</td>
<td>12:41</td>
<td>9:22</td>
<td>Via le Col de la Grangette</td>
</tr>
<tr>
<td>2</td>
<td>Vallouise</td>
<td>Refuge de Vallonpierre</td>
<td>37,37</td>
<td>2826</td>
<td>1697</td>
<td>12:23</td>
<td>9:57</td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td>3</td>
<td>Refuge de Vallonpierre</td>
<td>Désert-en-Valjouffrey</td>
<td>36,46</td>
<td>1660</td>
<td>2659</td>
<td>11:00</td>
<td>8:43</td>
<td>Via Villar-Loubière</td>
</tr>
<tr>
<td>4</td>
<td>Désert-en-Valjouffrey</td>
<td>Bourg-d’Arud</td>
<td>25,72</td>
<td>2170</td>
<td>2520</td>
<td>9:52</td>
<td>7:24</td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td>5</td>
<td>Bourg-d’Arud</td>
<td>La Grave</td>
<td>41,17</td>
<td>2488</td>
<td>1962</td>
<td>12:36</td>
<td>10:04</td>
<td>Via Mizoën (GR54C)</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Total</strong></td>
<td></td>
<td></td>
<td><strong>185,91</strong></td>
<td><strong>11194</strong></td>
<td><strong>11352</strong></td>
<td><strong>58:32</strong></td>
<td><strong>45:30</strong></td>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Le temps en mouvement est estimé par Strava.</p>
<p>Voilà… C’était mon troisième grand trek, bouclé en 5 à 6 jours. Je compte partager les connaissances que j’ai acquises en les faisant, de la préparation à la randonnée au quotidien. Tu peux t’attendre à trouver un nouvel article à ce sujet un de ces jours.</p>
<p>En attendant, tu peux aussi jeter un œil à <a href="https://www.instagram.com/stories/highlights/18241055710188396/">ces stories à la une</a> pour plus d’images du trek sur le GR54.</p>
<p>À bientôt,
Simon</p>
</content>
      <summary type="text">Cela fait plusieurs années que je pratique le trek. Voici un petit journal de ma dernière randonnée sur le GR54, durant l'été 2022. Jour 1 Nuit difficile, réveil compliqué, légèrement nauséeux. Je me lève à 4h30 et pars à 5h15 sans manger : j'ai prévu 3 heures pour rejoindre le refuge, 500 m plus ha</summary>
      <link href="https://simonmyway.com/fr/blog/le-gr54-en-mode-ultra-leger-185-km-en-5-jours" rel="alternate"/>
      <id>https://simonmyway.com/fr/blog/le-gr54-en-mode-ultra-leger-185-km-en-5-jours</id>
      <published>2022-08-14T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2022-08-14T00:00:00.000Z</updated>
      <category term="blog"/>
      <author>
        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
      </author>
    </entry>
  
    <entry>
      <title>Comment je suis devenu le premier Data Scientist de McKinsey Belgique</title>
      <content type="html"><h1>Comment je suis devenu le premier Data Scientist de McKinsey Belgique</h1>
<p>À la fin de mon master en informatique, je savais assez bien ce que je voulais faire : mettre mes compétences techniques au service de la résolution de problèmes business. Dans cette optique, j’avais suivi quelques cours à option orientés management pendant mes dernières années d’informatique. Après ce premier aperçu, j’ai décidé d’approfondir mes connaissances en gestion, et j’ai enchaîné avec un master supplémentaire, le <a href="https://www.uc3m.es/master/management">Master in Management de l’Universidad Carlos III de Madrid</a>.</p>
<p>Nouveau pays, nouvelle école, nouveaux apprentissages. Aujourd’hui, je suis content d’avoir tenté le coup. Sur le plan professionnel, j’y ai acquis des connaissances en stratégie, finance, marketing…, mais aussi beaucoup de soft skills. En effet, l’approche pédagogique était centrée sur le travail de groupe et les présentations. C’était un excellent entraînement pour moi : j’ai pu travailler ma communication et ma gestion d’équipe, avec des étudiants de parcours et de pays très différents.</p>
<p>Sur le plan personnel, j’ai découvert une nouvelle ville, rencontré de nouveaux amis et j’ai pu encourager mon équipe de foot préférée dans son ancien stade unique en son genre, le <em>Vicente Calderon</em>.</p>
<h2>Le début de ma carrière</h2>
<p>Avec un solide bagage en informatique et en management, j’étais prêt à <em>mettre mes compétences techniques au service de la résolution de problèmes business</em>. À l’époque, <a href="https://www.youtube.com/channel/UCHlOhKSxh4vCjmE4ofeLkKg">mon colocataire</a> travaillait comme Data Scientist pour un <em>Big 4</em>. Il m’a expliqué comment il aidait des opérateurs télécoms à optimiser leur réseau de boutiques grâce à leurs données internes et à des algorithmes de machine learning. Ce qu’il faisait me semblait génial, et je me suis mis à lire tout ce que je trouvais sur le métier de data scientist, qualifié de <a href="https://hbr.org/2012/10/data-scientist-the-sexiest-job-of-the-21st-century">métier le plus sexy du 21e siècle par la Harvard Business Review</a>.</p>
<p>Il ne me restait plus qu’à trouver un poste de Data Scientist ! Plus facile à dire qu’à faire… En effet, pour ce type de poste, une entreprise confie beaucoup de responsabilités à l’employé, car il ou elle a un impact fort sur ses opérations. Cela peut mener à de gros gains d’efficacité, ou à une perte de temps, selon la compétence du data scientist. Les entreprises recherchent donc des profils confirmés, surtout quand leur équipe analytics est petite. J’ai donc eu du mal à trouver un poste accessible aux juniors, qui m’aurait justement donné l’expérience requise : le problème de l’œuf et de la poule.</p>
<p>À force de persévérance, j’ai fini par dénicher une belle opportunité dans un petit cabinet de conseil local, spécialisé en <em>Google Cloud</em>. J’y ai travaillé sur de nombreux projets intéressants : de l’ajustement des campagnes marketing d’un grand constructeur automobile grâce à des segments de clientèle générés par machine learning, à une meilleure compréhension de la communauté de fans d’une ASBL via le développement d’un outil intelligent d’écoute des réseaux sociaux, basé sur le traitement du langage naturel et suivant une liste évolutive de mots-clés et de hashtags.</p>
<p>J’y ai aussi rencontré des collègues formidables, comme Charles, devenu expert cloud, qui a récemment lancé <a href="https://www.astrafy.io/">sa propre société de conseil</a>, 10/10, je recommande !</p>
<h2>Le datathon McKinsey</h2>
<p>Alors que je m’épanouissais dans mon rôle de Data Scientist <em>Google Cloud</em> depuis environ six mois, j’ai reçu un message <em>LinkedIn</em> d’un partner de McKinsey Belgique. Il m’expliquait qu’ils étaient en train de créer un hub analytics en Belgique et qu’ils organisaient un datathon, c’est-à-dire un hackathon orienté data science, auquel j’étais invité.</p>
<p>J’ai évidemment accepté. À l’époque, j’étais actif de temps en temps sur <a href="https://www.kaggle.com/"><em>Kaggle</em></a>, donc je savais à quel genre de compétition m’attendre. J’avais hâte de participer à ce type de compétition en présentiel, façon <em>Kaggle</em>. De plus, pendant mon passage en Espagne, j’avais entendu dire que McKinsey était un endroit exceptionnel, capable de m’ouvrir des opportunités encore meilleures et uniques.</p>
<p>Quelques semaines plus tard, j’ai participé à l’événement avec une centaine d’autres candidats et… j’ai remporté le premier prix !</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/datathon-first.jpg" alt="Victoire au datathon McKinsey"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>J’étais tellement euphorique après cette victoire que, sur le chemin du retour, j’ai crevé un pneu de ma voiture, parce que j’étais au téléphone et pas assez concentré sur la route - ahah.</p>
<p>En plus du prix en argent, j’ai aussi été invité au processus d’entretiens chez McKinsey. C’était une opportunité unique car, en théorie, ils ne recrutaient pas de profils juniors pour lancer leur hub belge. Mais comme j’avais fait mes preuves, ils ont fait une exception pour moi.</p>
<p>J’ai suivi la procédure de recrutement, et j’ai fini par recevoir une offre. À l’époque, j’avais raconté toute cette expérience dans un article de blog.</p>
<h2>L’interview</h2>
<p>Il reste encore quelques traces de cette interview en ligne, un <a href="https://twitter.com/mckinsey/status/1049965148398587905">tweet</a> et un <a href="https://www.instagram.com/p/BowX_7PiIqb/">post Instagram</a>. En revanche, le lien direct vers l’article n’est plus actif.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/mck-itw-sm.jpg" alt="Publication sur les réseaux sociaux à propos de mon interview pour McKinsey"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Le texte ci-dessous a été publié à l’origine en octobre 2018.</p>
<h3>Pourquoi as-tu décidé de participer au hackathon de mars de McKinsey Analytics ?</h3>
<p>Tout a commencé quand j’ai reçu un message dans ma boîte LinkedIn. C’était une invitation à participer à un hackathon McKinsey. Le message précisait aussi que ce concours s’inscrivait dans la création du hub Advanced Analytics au Benelux. L’invitation m’a tout de suite séduit, pour deux raisons :</p>
<ul>
<li>j’étais très curieux de découvrir comment McKinsey gère les compétences analytics ;</li>
<li>j’adore travailler sur des problèmes de data science, pour moi c’est comme résoudre un casse-tête ou une énigme.
J’ai donc décidé de postuler à l’événement et, quelques jours plus tard, j’ai reçu une confirmation.</li>
</ul>
<h3>Quelle a été la partie la plus fun et la plus intéressante du hackathon ? (le challenge de Data Science en lui-même)</h3>
<p>J’ai beaucoup aimé le contexte du hackathon. Nous avons reçu un jeu de données contenant des dossiers de patients, et l’objectif était de prédire leurs chances de survie. Pour chaque dossier, nous disposions d’informations physiques sur le patient, comme l’âge, le sexe, le poids, ainsi que la maladie et le traitement. J’ai apprécié de travailler sur ce sujet parce que l’impact est énorme. En effet, cette prédiction pourrait aider les médecins à mieux adapter les traitements et, au final, sauver des vies.</p>
<h3>À quoi a ressemblé le processus de recrutement après le hackathon ?</h3>
<p>Après l’événement, j’ai planifié un appel avec un recruteur de McKinsey Advanced Analytics. Pendant l’échange, j’ai pu poser mes questions sur le métier de data scientist chez McKinsey et j’ai reçu les informations sur le processus de recrutement.</p>
<p>Ensuite, j’ai été mis en contact avec un consultant du bureau local, à Bruxelles. Nous avons discuté au téléphone du département Advanced Analytics et fait une petite simulation d’entretien de cas. Le consultant m’a donné du feedback et des conseils pour me préparer aux vrais entretiens.
La dernière étape avant les entretiens proprement dits était une session de coaching au bureau de McKinsey. D’autres candidats et moi avons rencontré un consultant en personne. Ensemble, nous avons résolu un cas complet et discuté de la partie « expérience personnelle » de l’entretien.</p>
<p>Enfin, j’ai eu ma première série d’entretiens quelques semaines plus tard. Chaque tour se compose de trois entretiens, avec trois interviewers différents. Deux d’entre eux étaient des entretiens business généraux et le dernier était axé sur l’analytics. Plus tard le même jour, j’ai reçu un retour positif et l’invitation au second et dernier tour d’entretiens.
Deux semaines après, je suis retourné au bureau de McKinsey pour le tour final. Le processus est le même, mais on rencontre des personnes plus senior de l’entreprise.</p>
<p>Dans l’ensemble, j’ai apprécié le processus de recrutement : les discussions avec les employés de McKinsey étaient intéressantes et ça ressemblait plus à un échange qu’à un entretien à sens unique.</p>
<h3>À qui recommandes-tu de participer à ce genre de hackathon ?</h3>
<p>Je pense que toute personne ayant un intérêt sincère pour l’analytics est un bon candidat pour le hackathon. Tu auras en effet l’occasion de rencontrer d’autres passionnés, de tester et renforcer tes compétences en data science et, enfin, de découvrir les carrières que McKinsey peut offrir.</p>
<h3>Qu’as-tu préféré dans le hackathon McK ? (l’événement dans son ensemble)</h3>
<p>Pendant l’événement, j’ai aimé échanger avec les employés de McKinsey. Après la compétition, nous avons pu faire connaissance avec les autres participants et des consultants de McKinsey. J’ai apprécié de discuter avec eux de manière informelle et de pouvoir poser mes questions sur la practice. J’ai découvert les différents types de rôles au sein de la practice Advanced Analytics et comment se déroule un projet typique.</p>
<h3>Comment t’y es-tu préparé ?</h3>
<p>Ma préparation, c’était un effort au quotidien. Étant déjà data scientist en poste, je m’attendais à ce que le hackathon demande des compétences similaires à celles que je pratique dans mes activités de tous les jours.
Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai concentré mon apprentissage sur trois axes :</p>
<ul>
<li>je me suis tenu au courant des derniers algorithmes en data science ;</li>
<li>j’ai mis l’accent sur la maîtrise de la manipulation et de la préparation des données ;</li>
<li>j’ai parcouru quelques compétitions Kaggle pour me faire une idée des différents types de challenges qui existent en data science et repérer les bonnes pratiques.</li>
</ul>
<h3>Que suggérerais-tu aux futurs participants d’un hackathon McK ?</h3>
<p>Pour le hackathon auquel j’ai participé, l’efficacité a été la clé de ma victoire. En effet, la durée du challenge était limitée à quatre heures. Impossible donc de perdre du temps. Ma recommandation serait de maîtriser tes bases. Il faut savoir identifier rapidement le type d’algorithme à utiliser. Pour cela, prends bien en compte l’objectif de la tâche (classification, clustering, …) et le type de données (image, tabulaire, …). Prépare-toi aussi à faire un peu de data engineering et de nettoyage. Par exemple, si tu décides de travailler en Python, comme moi, sois prêt à manipuler les données avec Pandas.</p>
<p>L’objectif est d’avoir le temps d’essayer différents modèles et de travailler le feature engineering.</p>
<h2>Dernières réflexions</h2>
<p>Au final, j’ai bien rejoint McKinsey comme Data Scientist, suivi par deux collègues le mois suivant. J’ai ensuite travaillé avec énormément de gens formidables, dans plus de 10 pays, et la suite appartient à l’histoire.</p>
<p>Petite précision : je n’étais pas le tout premier employé à faire de la data science chez McKinsey Belgique, mais j’étais le premier <em>Data Science Fellow</em>, c’est-à-dire un consultant au contact des clients, qui met à profit ses connaissances dans ce domaine pour implémenter des modèles d’IA, de la conception à la mise en production.</p>
</content>
      <summary type="text">À la fin de mon master en informatique, je savais assez bien ce que je voulais faire : mettre mes compétences techniques au service de la résolution de problèmes business. Dans cette optique, j'avais suivi quelques cours à option orientés management pendant mes dernières années d'informatique. Après</summary>
      <link href="https://simonmyway.com/fr/blog/comment-je-suis-devenu-le-premier-data-scientist-de-mckinsey-belgique" rel="alternate"/>
      <id>https://simonmyway.com/fr/blog/comment-je-suis-devenu-le-premier-data-scientist-de-mckinsey-belgique</id>
      <published>2022-07-11T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2022-07-11T00:00:00.000Z</updated>
      <category term="blog"/>
      <author>
        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
      </author>
    </entry>
  
    <entry>
      <title>J'ai troqué ma voiture de société contre un vélo : bilan après 1000 km</title>
      <content type="html"><h1>J’ai troqué ma voiture de société contre un vélo : bilan après 1000 km</h1>
<p>Qui dit nouveau job, dit nouveau <em>package</em>, et un aspect important dudit package, c’est la mobilité.</p>
<p>En Belgique, pour des raisons historiques, offrir une voiture de société à ses employés est fiscalement intéressant pour les employeurs. Concrètement, pour un coût donné, une entreprise peut prendre une voiture en leasing pour son personnel, ce qui rapporte plus au travailleur que son équivalent en cash. Bien sûr, tout dépend des préférences de chacun, mais beaucoup d’entreprises standardisent leur package et y incluent une voiture parmi les avantages classiques, en partant du principe que ça comptera pour la majorité. Même si cette voiture est censée avoir une justification professionnelle, l’employé peut aussi en profiter à titre privé.</p>
<p>En rejoignant une startup comme premier employé, personne n’avait fait ce genre de suppositions, et j’ai eu la chance de composer mon package sur mesure.</p>
<h2>Alors, ai-je besoin d’une voiture ou pas ?</h2>
<p>Comme pour beaucoup de décisions que je prends, je commence généralement par définir et structurer <em>le besoin</em>, sans doute une habitude héritée de mon passé de consultant. Ici, c’était plutôt simple : il suffisait de regarder ce qu’était mon usage privé de la voiture. Ça se résume à deux grands cas :</p>
<ol>
<li>Partir en vacances</li>
<li>Faire les courses</li>
</ol>
<p>Vivant dans une ville dense, j’ai l’habitude de me déplacer en mobilité douce pour les petits trajets. En vérité, je déteste personnellement me déplacer en voiture quand ça implique de subir le trafic et d’enchaîner les arrêts-redémarrages. Je remarque aussi souvent que la voiture est plus lente que les vélos ou trottinettes électriques en libre-service, une fois le temps de stationnement compté. Enfin, c’est toujours plus simple de rentrer en taxi après quelques verres quand ta voiture t’attend sagement à la maison !</p>
<p>Il était clair que je pouvais trouver des alternatives pour mes deux derniers besoins en voiture. Et heureusement, toute ma famille vit dans la même ville que moi, donc leur rendre visite est aussi faisable en mobilité douce. Beaucoup de mes amis qui ont déménagé à Bruxelles pour les études ou le travail retournent voir leurs proches, et c’est généralement bien plus rapide en voiture qu’en transports en commun.</p>
<p>Du coup, c’est quoi le plan ?</p>
<ul>
<li>Déplacements professionnels : vélo ou transports en commun</li>
<li>Déplacements loisirs : vélo ou trottinette en libre-service</li>
<li>Courses : vélo avec un peu d’espace de chargement</li>
<li>Vacances : louer une voiture ou prendre le train</li>
<li>Tout imprévu : louer une voiture</li>
</ul>
<h2>Un vélo, oui, mais lequel ?</h2>
<p>Choisir le vélo comme moyen de transport principal, c’est bien, mais il reste quelques détails à régler. Après réflexion, je suis parti sur :</p>
<ul>
<li>Un e-bike, ou vélo à assistance électrique, pour me déplacer vite sans transpirer</li>
<li>Avec suspension avant, pour encaisser les pavés bruxellois</li>
<li>Des garde-boue, pour éviter les éclaboussures dans le dos</li>
<li>Un porte-bagages, pour transporter des sacs supplémentaires, p. ex. pour les courses</li>
<li>Une transmission manuelle, car je trouve que les transmissions automatiques fluides n’y sont pas encore</li>
<li>Une batterie amovible, pour pouvoir la recharger n’importe où</li>
<li>Un cadre adapté à ma taille</li>
</ul>
<p>Avec de telles exigences, les e-bikes à la mode comme <a href="https://us.cowboy.com/"><em>Cowboy</em></a> et <a href="https://www.vanmoof.com/"><em>VanMoof</em></a> étaient disqualifiés, puisqu’ils n’en remplissent pas la moitié. Adieu le cliché du startupeur, crédit à <a href="https://www.instagram.com/p/CRbBJa_lm66/">@loule.blou</a>.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/startupeur-cowboy-en.jpg" alt="Un cliché sur le startupeur à vélo Cowboy en ville, par @loule.blou"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>Je me suis alors penché sur la marque <a href="https://www.canyon.com/"><em>Canyon</em></a>, que je lorgnais depuis un moment, notamment le modèle <em>Endurace</em> pour me mettre au vélo de route le week-end. Pour ce vélo du quotidien, le <a href="https://www.canyon.com/en-be/electric-bikes/electric-touring-bikes/pathlite-on/"><em>Pathlite</em></a> était idéal, à l’exception de son prix, au-dessus de mon budget. Puis j’ai découvert l’existence d’un <a href="https://www.canyon.com/en-be/outlet-bikes/">outlet</a>, qui vend des vélos à prix réduit à cause d’imperfections mineures. Problème : de nouveaux vélos y étaient ajoutés de façon sporadique, sans préavis…</p>
<p>J’ai commencé par consulter cet outlet de temps en temps, mais j’ai vite compris que je devais automatiser cette surveillance. Ce que j’ai fait. J’ai rapidement bricolé un script qui récupère tous les vélos de l’outlet, les scrape, les enregistre dans une table CSV et m’envoie un e-mail quotidien avec les nouveaux vélos correspondant à mes critères de recherche.</p>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/canyon-monitor-table.jpg" alt="Une table contenant les nouveaux vélos de l'outlet Canyon correspondant à mes critères de recherche"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>J’ai développé tout ce script en <em>Python</em> et je l’ai déployé sur <em>Google Cloud Platform</em> avec <em>Cloud Functions, Storage, Pub Sub</em> et <em>Scheduler</em>, <a href="https://github.com/simonpicard/canyon-outlet-monitor">le code est open source</a>.</p>
<p>Après quelques semaines, le <em>Canyon</em> de mes rêves restait trop cher, même avec une remise allant jusqu’à 10 %. Tu peux d’ailleurs consulter tous les vélos en promo que j’ai scrapés dans <a href="https://github.com/simonpicard/canyon-outlet-monitor/blob/main/data/canyon_monitor_bikes.csv">cette table CSV</a> si tu veux faire quelques stats. J’ai donc changé mon fusil d’épaule en regardant d’autres marques de vélos. J’ai découvert <a href="https://www.cube.eu/"><em>Cube</em></a>, réputée pour son excellent rapport qualité-prix, dû en partie à de faibles dépenses marketing, comme <em>OnePlus</em> à ses débuts. Leur <a href="https://www.cube.eu/2022/e-bikes/city-tour/on-road/touring-hybrid/cube-touring-hybrid-one-400-greynblue/"><em>Touring Hybrid One 400</em></a> cochait toutes les cases, prix compris !</p>
<h2>1000 km plus tard</h2>
<p><img src="https://simonmyway.com/img/posts/ebike-1000-km.jpg" alt="1000 km en e-bike"  style="max-width: 100%; height: auto; display: block; margin: 1em auto;" /></p>
<p>J’ai récemment passé le cap des 1000 km avec mon nouveau vélo et, comme je pédale presque quotidiennement depuis plusieurs mois, je me suis dit que j’allais partager un peu de cette sagesse avec toi.</p>
<h3>Équipe-toi contre le mauvais temps</h3>
<p>J’ai roulé tout l’hiver et j’ai adoré : il suffit d’avoir le bon équipement. C’est comme le ski en station, tu n’apprécierais pas sans être au chaud et au sec. Alors, que te faut-il ? D’abord, une veste <strong>et un pantalon</strong> de pluie. N’importe lesquels feront l’affaire ; en Europe, tu trouveras des options bon marché chez <a href="https://www.decathlon.com/"><em>Decathlon</em></a>.</p>
<p>Ensuite, je recommande des gants et un legging en mérinos. Les gants empêcheront tes mains de geler à cause du vent, le legging gardera tes jambes au chaud dehors et au frais à l’intérieur, grâce aux propriétés magiques du mérinos. Je prends mon mérinos chez <a href="https://www.icebreaker.com/"><em>IceBreaker</em></a> parce que c’est ce que <em>Mike Horn</em> utilise et ce que <em>Reddit</em> conseillait.</p>
<p>Prévois aussi une paire de gants imperméables, à enfiler par-dessus tes mérinos quand il pleut. Et enfin, un pare-brise, parce que se prendre des gouttelettes à 25 km/h dans les yeux rend la conduite difficile. Ton pare-brise peut être une paire de lunettes à grande monture ou une casquette.</p>
<h3>Prends une assurance vol pour ton vélo</h3>
<p>Si tu envisages de faire tes trajets quotidiens à vélo, tu vis probablement dans une ville dense, ce qui présente de nombreux avantages mais aussi quelques inconvénients, comme des vols plus fréquents. Si ton vélo doit être ton principal moyen de transport, tu dois pouvoir le garer l’esprit tranquille. Avec l’essor des navetteurs à deux roues, les compagnies d’assurance ont commencé à proposer une protection contre le vol de vélo. Pour environ 120 € par an, ton vélo sera intégralement remboursé en cas de vol. Perdre sa monture reste pénible, mais au moins tu en récupéreras une nouvelle sans la repayer.</p>
<p>Attention cependant à bien lire les conditions de couverture. J’ai été surpris d’apprendre que mon vélo serait assuré s’il était attaché à n’importe quel arceau dans la rue, mais pas dans mon jardin privé si je verrouillais seulement la roue au cadre. J’ai dû installer un point fixe spécifique dans ma cour pour respecter les exigences. J’aurais pu attacher mon vélo dans la rue juste devant chez moi, mais je n’avais pas envie de remplir une déclaration de vol tous les deux jours, vu que meuler un cadenas est aujourd’hui l’affaire de quelques minutes.</p>
<h3>Le vélo rend les micro-trajets plus agréables</h3>
<p>Depuis que j’ai mon e-bike, je fais beaucoup plus de trajets avec. Avant, je louais des vélos électriques en libre-service pour certains déplacements, mais les cas d’usage étaient limités. Les options en libre-service sont plaisantes mais souvent légèrement inadaptées, p. ex. avec des soucis mécaniques mineurs mais gênants. Comme j’ai choisi le vélo parfaitement adapté à mes besoins, cette contrainte a disparu, et mon usage a explosé.</p>
<p>Aujourd’hui, je le confirme : 25 min de trajet à vélo, c’est agréable ; 25 min en voiture, ça passe ; 25 min en transports en commun, c’est pénible. Je pense être particulièrement réfractaire aux transports en commun parce que j’ai le mal des transports dans les bus ; si je pouvais lire un bon livre dans le métro, ce serait sans doute une autre histoire.</p>
<h3>Si tu te sens en danger, tu l’es</h3>
<p>Le partage de la route est encore un chantier en cours, du moins à Bruxelles. Certains conducteurs sont prudents, d’autres non. Donc, si tu penses risquer un accident, c’est que c’est le cas. Pour y faire face, veille à respecter le code de la route : oui, ça veut dire céder la priorité aux voitures même quand tu fonces en descente ou que tu peines en montée. En revanche, prends tes priorités et n’aie pas peur de revendiquer un peu d’espace sur la chaussée. Tu n’es pas censé raser les voitures garées, surtout si la rue est en mauvais état à cet endroit.</p>
<p>Heureusement, les infrastructures cyclables s’améliorent dans les grandes villes européennes, mais ne sous-estime jamais l’ignorance, la distraction ou la mauvaise volonté des automobilistes. Sois toujours prêt à te protéger, p. ex. en freinant si une voiture tourne soudainement et te coupe la route. Même si tu as la priorité, mieux vaut ralentir que percuter. Espère le meilleur, prépare-toi au pire.</p>
<p>Merci de m’avoir lu et à bientôt, p. ex. à la prochaine <a href="http://www.critical-mass.be/">Critical Mass</a> 🚴.</p>
</content>
      <summary type="text">Qui dit nouveau job, dit nouveau _package_, et un aspect important dudit package, c'est la mobilité. En Belgique, pour des raisons historiques, offrir une voiture de société à ses employés est fiscalement intéressant pour les employeurs. Concrètement, pour un coût donné, une entreprise peut prendre </summary>
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      <published>2022-06-08T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2022-06-08T00:00:00.000Z</updated>
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        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
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      <title>Je code depuis plus de 15 ans, mais jamais en JavaScript</title>
      <content type="html"><h1>Je code depuis plus de 15 ans, mais jamais en JavaScript</h1>
<p>En tant qu’informaticien de longue date, je sais que le domaine regorge de sujets à explorer. J’ai commencé mon parcours au début de mes études secondaires, c’est-à-dire vers l’âge de 12 ans, en apprenant à coder en <code>C++</code> grâce à un tutoriel en ligne sur <a href="https://openclassrooms.com/en/">OpenClassrooms</a>, anciennement connu sous le nom de “<em>le SiteDuZero</em>”.</p>
<p>À l’époque, je voulais simplement créer des jeux, après qu’un ami m’a raconté avoir développé une application en ligne de commande où l’utilisateur doit deviner un nombre magique. Ça fonctionnait comme ceci :</p>
<ol>
<li>L’ordinateur génère un nombre aléatoire, le nombre magique</li>
<li>L’utilisateur tape un nombre pour tenter de le deviner</li>
<li>L’ordinateur indique si le nombre magique est plus grand ou plus petit que la proposition</li>
<li>On répète les étapes <code>2</code> et <code>3</code> jusqu’à ce que l’utilisateur trouve le nombre magique</li>
</ol>
<p>Passionnant, me diras-tu — et honnêtement, ça l’était. J’y ai appris les bases de la programmation : les variables, les conditions, les boucles, etc. Résoudre des petits problèmes en codant était un défi intellectuel que j’adorais, et que j’adore toujours ! J’imagine que c’est un peu comme résoudre des énigmes ou remplir des mots croisés.</p>
<p>Bref, j’ai ensuite intégré un cursus d’informatique dans mon université locale, pour finalement décrocher un Master orienté IA et optimisation.</p>
<h2>Mais…</h2>
<p>Même si j’y ai appris énormément de concepts passionnants, j’ai toujours eu le sentiment qu’il me manquait une compétence bien précise en informatique, et pas des moindres. Celle qui permet d’interagir directement avec les utilisateurs finaux et de présenter tous tes super résultats. Tu l’as deviné, je parle du développement web.</p>
<p>Avant l’université, le plus loin que j’étais allé en développement web, c’était de suivre un autre tutoriel du “<em>SiteDuZero</em>” sur le <code>HTML</code> et le <code>PHP</code>, avant de bifurquer vers l’automatisation de jeux auxquels je jouais, avec <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/AutoIt"><code>AutoIt</code></a>. Mais ça, c’est une histoire pour une autre fois.</p>
<p>Pendant mes études, j’étais plutôt à l’aise en <code>Python</code>, et je me disais donc que développer des sites avec <code>Django</code>, un framework web <code>Python</code>, serait assez facile. J’avais même une idée : créer une sorte de planning de streamers, où chaque streamer pourrait indiquer quand il compte streamer, et où les abonnés disposeraient d’un agenda combiné des plannings de tous leurs streamers préférés. Malheureusement pour moi, je me suis retrouvé complètement perdu face à tous ces concepts du web, comme l’ORM, le templating ou le routing. J’essayais de brûler trop d’étapes à la fois.</p>
<h2>Le déclic</h2>
<p>Il y a quelques mois, au moment où j’écris cet article, j’ai changé de travail. J’ai rejoint une startup belge, <a href="https://wequity.app/">Wequity</a>, dont l’ambition est d’utiliser la finance pour promouvoir l’investissement durable. Cette mission devait se concrétiser par un dashboard <em>ESG</em> (Environnement, Social &amp; Gouvernance), permettant aux utilisateurs finaux de suivre les performances des entreprises sur ces dimensions. Pour y parvenir, nous avons construit un pipeline qui récupère des articles et des publications sur les réseaux sociaux, puis en extrait ceux qui traitent d’<em>ESG</em>. Super ! Nous avions ces données, mais nous peinions à les rendre accessibles à nos utilisateurs avec une bonne expérience. Nous avons donc recruté un lead développeur full-stack.</p>
<p>Une fois de plus, quelqu’un d’autre allait pouvoir créer une superbe application web avec des graphiques dynamiques. J’étais impressionné.</p>
<p>En discutant avec mon collègue, il m’a expliqué à quel point on peut devenir rapidement efficace en développement web avec <code>JavaScript</code>, surtout avec <code>Node.JS</code>. Des outils que je n’avais jamais utilisés, alors que je sais bien qu’ils sont des standards de l’industrie du web.</p>
<p><code>JavaScript</code> traîne parfois une mauvaise réputation, sans que je n’aie jamais vraiment compris pourquoi. Les arguments semblent souvent assez subjectifs, du genre “<em>c’est un langage moche</em>” ou “<em>c’est truffé de pièges</em>”. J’ai décidé qu’il était temps de me faire ma propre opinion ! Et pour cela, j’ai construit ce site en <code>JavaScript</code>, tournant sur un serveur <code>Node.JS</code>.</p>
<h2>Les débuts</h2>
<ul>
<li>Hé, je vais créer un site en <code>JavaScript</code> !</li>
<li>Oh, cool, tu vas utiliser quel framework ?</li>
<li>… ?</li>
</ul>
<p>Évidemment, il existe plusieurs façons de construire “<em>un site en <code>JavaScript</code></em>”. Quand on développe une application web, on rencontre des difficultés auxquelles beaucoup d’autres ont déjà été confrontés avant nous. C’est comme ça que les <em>frameworks</em> sont nés. En gros, c’est une collection de code prêt à l’emploi pour les tâches web classiques. Il existe une multitude de frameworks, tu peux en avoir un aperçu <a href="https://stateofjs.com/">ici</a>.</p>
<p>Mon collègue m’a conseillé de commencer par des frameworks plus simples et m’a recommandé un <a href="https://www.udemy.com/course/nodejs-the-complete-guide/">cours <em>Udemy</em></a>, apparemment une référence absolue. Je le suis donc depuis quelques mois, en apprenant le framework <code>Express</code>, utilisé par 81 % des développeurs web en 2021 d’après l’aperçu que j’ai partagé plus haut.</p>
<p>Tu peux suivre ma progression sur ce <a href="https://github.com/simonpicard/nodejs-complete-guide">dépôt GitHub</a>. Arrivé à environ un quart des leçons, je comprends déjà bien mieux le développement web dans son ensemble, et pas seulement <code>JavaScript</code> et <code>Express</code>. Des concepts qui n’avaient aucun sens pour moi dans <code>Django</code> en ont désormais, et j’ai l’impression que je pourrais m’y remettre. Tout cela grâce à l’excellent contenu de l’instructeur, qui explique concrètement comment utiliser ces outils, mais aussi ce qui se passe sous le capot.</p>
<p>Cela dit, je vais rester sur <code>JavaScript</code>. Il est très largement utilisé, et je suis convaincu que ce n’est pas un hasard. On m’a dit qu’on peut devenir extrêmement productif en développement web avec <code>JavaScript</code>, et c’est justement l’un de mes objectifs.</p>
<h2>Ce projet</h2>
<p>Bon, j’apprends <code>JavaScript</code>, et maintenant ? Hé, tu te souviens de <a href="https://duarteocarmo.com?ref=Simon">ce chouette blog de Duarte</a> ? Faisons-en un aussi ! <s>Toute ressemblance est purement fortuite.</s></p>
<p>J’ai rencontré Duarte en rejoignant Wequity : c’est un excellent Machine Learning Engineer, qui donnait un coup de main au projet. Il est aussi blogueur, alors naturellement, je lui ai demandé comment il avait créé son site. Il m’a expliqué qu’il s’agissait en fait d’un site généré statiquement, avec ce qu’on appelle la <a href="https://jamstack.org/">Jamstack</a>.</p>
<p>J’ai décidé de réinventer la roue et de construire quelque chose de similaire, mais en utilisant ce que je suis en train d’apprendre. Bien sûr, ce site ne sera probablement pas des plus efficaces, mais là n’est pas la question. Le but, c’est de pratiquer, de progresser et de partager mon parcours en chemin. N’hésite pas à jeter un œil à mes talents de codeur, puisque j’ai rendu ce site <a href="https://github.com/simonpicard/simonmyway.com">open source</a>.</p>
<p>Ce qui m’amène à la fin de cet article. Alors, à quoi t’attendre ici ? Eh bien, en gros, à tout ce que j’ai envie de partager. Pour le moment, mes centres d’intérêt sont principalement la tech et le sport. J’ai déjà quelques idées d’articles à ce sujet ; en attendant, tu peux déjà regarder <a href="https://simonmyway.com/videos">quelques vidéos que j’ai faites</a>. J’ai aussi l’intention de faire évoluer ce site : peut-être qu’un jour je le transformerai en single page app, ou que j’essaierai les derniers frameworks à la mode.</p>
<p>Merci d’avoir lu cette introduction, et à bientôt !</p>
</content>
      <summary type="text">En tant qu'informaticien de longue date, je sais que le domaine regorge de sujets à explorer. J'ai commencé mon parcours au début de mes études secondaires, c'est-à-dire vers l'âge de 12 ans, en apprenant à coder en C++ grâce à un tutoriel en ligne sur OpenClassrooms, anciennement connu sous le nom </summary>
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      <published>2022-05-21T00:00:00.000Z</published>
      <updated>2022-05-21T00:00:00.000Z</updated>
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        <name>Simon Myway</name>
        <email>simon@ourway.be</email>
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